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Économie / Chroniques Mekideche

EN TOUTE LIBERTÉ

Climat des affaires et attractivité des investissements : la nouvelle priorité économique en Algérie

Mustapha MEKIDECHE

La fixation des priorités économiques et leur agencement se font toujours, ailleurs dans le reste du monde, sur la base des anticipations faites sur l’évolution du cadre macro-financier, et notamment celles relatives aux équilibres extérieurs. Ce n’est malheureusement pas encore le cas chez nous. J’avais eu à le constater une première fois lors de l’approbation par l’Assemblée populaire nationale (APN) de la loi de finances 2015. Je l’avais même écrit dans ces colonnes la semaine dernière. J’ai eu à le confirmer au cours de travaux, auxquels j’ai participé, lors de la Conférence nationale sur le développement économique et social organisée les 4, 5 et 6 novembre à l’initiative du ministère de l’Industrie et des Mines. Cette déconnexion propre à l’Algérie est due au fait que le système bancaire est complètement dessaisi de la gestion des flux bancaires en devises. Tout se décide au niveau de la Banque d’Algérie, et à ce jour aucune contrainte n’est décelable sur le financement des importations malgré la chute significative de nos recettes en devises. Il suffit de demander le transfert aux banques primaires en y déposant la contrepartie en dinars. Comme s’il n’y avait aucune contrainte extérieure alors que le baril de pétrole a perdu 25% de sa valeur de juin 2014 à ce jour. Il est vrai que même l’Opep n’avait rien vu venir puisqu’elle se félicitait, lors de sa réunion à Vienne du 11 juin 2014, de la bonne tenue des cours, variant de 105 à 110 dollars le baril entre décembre 2013 et juin 2014 et avait maintenu son niveau d’offre de 30 millions de barils/jour. Dans ces conditions, le système bancaire et financier algérien mettra beaucoup plus de temps à intégrer cette nouvelle situation préoccupante dans le financement en devises de ses  opérations extérieures commerciales et d’investissements. La balle est dans le camp de la Banque d’Algérie qui fixe les règles en la matière. Mais pas seulement.
Revenons aux conséquences de cette évolution sur le climat des investissements et leur financement. En cela, la Conférence du ministère de l’Industrie a eu raison de se  pencher, dans un de ses ateliers et une de ses tables rondes sur  le thème “le financement des investissements industriels et de la PME : quelles mesures pour diversifier l’offre financière”. L’idée générale est de faire contribuer l’épargne institutionnelle et celle des ménages au financement sur le long terme des investissements industriels en utilisant des instruments boursiers, obligataires et innovants. La deuxième idée, qui est mienne mais qui n’a a pas été endossée formellement  par la Conférence pour les raisons que j’ai expliquées plus haut d’insuffisance d’anticipation des pressions qui s’exerceront de plus en plus sur notre balance des paiements, est relative au financement extérieur des investissements en partenariat. Il va falloir revenir sur la disposition de financer localement la quotité devises du projet en partenariat pour deux raisons. La première entre dans le cadre général prudentiel de veiller aux équilibres de notre balance de paiements qui, sous l’empire de cette disposition, place les capitaux des IDE, au final, au débit et  non pas au crédit comme cela est couramment le cas dans les autres pays. La deuxième raison est que lors d’une sortie du capital, d’une liquidation ou d’une acquisition par un tiers, ce partenaire étranger investisseur récupérera une contrepartie transférable qu’il n’aura même pas financée en devises à la création du business conjoint. Les investisseurs étrangers n’étaient d’ailleurs même pas demandeurs de cette clause”. Mais cela c’était avant, quand on pensait être définitivement à l’abri en matière d’équilibres financiers extérieurs. Dans le même ordre d’idées, il va falloir liquider toutes les situations de rente qui créent un effet d’éviction sur les investissements productifs au profit de l’importation. Cela passe par un accès préférentiel au foncier avec, par exemple, une transformation des “capacités dormantes” des zones industrielles en zones de dépôt de produits destinés à être consommés en l’état au détriment d’investissements industriels auxquels ces assiettes sont normalement dédiées. Cela devrait passer aussi par un accès différencié au financement bancaire de l’activité selon qu’elle soit de commerce ou de production. La Banque d’Algérie et le ministère du Commerce gagneraient à mettre au point de tels instruments, en conformité avec les engagements du pays et les pratiques internationales, notamment les règles de Basle. Le contingentement étant évidemment exclu sauf en cas d’aggravation du déficit de notre balance de paiement en utilisant la clause universelle de sauvegarde. Pour le moment on n’y est pas. Pour illustrer cette asymétrie des conditions de production (mauvaises) et celles de l’importation (bonnes) le délégué général de l’Abef nous avait donné l’exemple, au cours de ces assises, d’un industriel qui a changé de métier et s’en porte mieux. Il produisait dans les pires difficultés un produit que le marché absorbait. Il a fini par jeter l’éponge et s’est mis à importer le même produit mais plus cher. Résultat des courses : ses revenus sociaux et personnels ont augmenté avec moins d’efforts et moins de stress. C’est l’ensemble de ces viscosités qu’il faudra identifier et réduire si l’on veut effectivement réindustrialiser et produire localement. Pour ce faire, la lutte contre les tropismes culturels sociaux et bureaucratiques nécessite une volonté politique déterminée. Quant à l’ingénierie opérationnelle, pour améliorer le climat des affaires et même notre classement international, elle est disponible chez nos experts, ceux d’ici et de la diaspora. La dernière Conférence sur l’industrie l’a bien montré.  

M. M.


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