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20 Août : la question de 1956 reposée en 2019


“Si vous réussissez, on prend ; si vous échouez, vous assumez.” Telle semble être l’attitude du pouvoir envers les successives initiatives de “dialogue” et à l’endroit de leurs promoteurs.
Avant-hier, alors que le “panel” laissait affleurer son impatience devant la réticence populaire à aller à une élection présidentielle, Alger subissait un blocus décidé sans le moindre souci des énormes dommages économiques et humains qui allaient en découler. Une opération de verrouillage physique de la capitale doublée d’une répression brutale des retraités et radiés de l’armée venus manifester.
Depuis que le système actuel s’est imposé au pays, la force a toujours constitué le fondement principal de sa pérennité. La corruption et le populisme complètent le trépied sur lequel il repose.
Subitement submergé par les manifestations massives de février, le régime a d’abord fait semblant de les appréhender pour ce qu’elles sont : l’expression d’un soulèvement populaire pacifique massif. Depuis, et observant que l’exigence populaire porte sur le changement de système, il n’a eu de cesse d’essayer de contenir le mouvement, et, si possible, de le détourner. Ce système, mode d’acquisition et d’exercice du pouvoir d’État, est aussi un mode de pensée. Un mode de pensée qui ne peut concevoir une quelconque évolution politique du pays dont il ne maîtriserait pas la conduite et l’issue. Les mouvements sociaux et politiques peuvent, au mieux, lui imposer un effort d’auto-adaptation ! C’est ce à quoi il a consenti à la suite du soulèvement démocratique de 1988 et c’est ce qu’il a négocié avec les islamistes à travers le pacte de “réconciliation nationale”. Mais l’idée de s’effacer ne peut effleurer un de ses régimes. L’avènement de chacun d’eux procède justement de la logique biologique de reproduction et de pérennisation de l’espèce !  
Si le pouvoir avait une réelle volonté de dialogue et d’ouverture, il l’aurait envisagée avant d’essayer la répression policière et judiciaire, l’étouffement physique et le bâillonnement médiatique qu’il est en train de lui infliger. Et il n’aurait pas osé cette dangereuse opération politicienne autour de l’emblème amazigh. 
En fait, le régime n’ignore pas que ce qui se passe dans le pays est un mouvement de fond qu’on ne peut pas étouffer en lui opposant une promesse d’intégrité électorale. Il sait que c’est un mouvement pour le changement de système, un mouvement révolutionnaire au sens littéral du terme.
Aujourd’hui, le “hirak” a reposé la question de l’État algérien postindépendance, telle qu’elle a été posée à la première réunion nationale des dirigeants de la Révolution, à Ifri en 1956. L’option d’une République démocratique et sociale retenue par ce Congrès a été abrogée par des clans et des forces putschistes ; le peuple vient de la ressusciter à la veille du soixante-troisième anniversaire, célébré aujourd’hui, de la Plateforme de la Soummam. 
Cette question, binaire – république démocratique ou système militaire –, autrefois résolue par la violence, se repose aujourd’hui. Avec la différence que, cette fois-ci, et pour la première fois depuis 1962 et un demi-siècle d’élections truquées, le peuple semble décidé à imposer son choix. Unitairement et pacifiquement.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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