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contrechamp / ACTUALITÉS

2018, année de campagne

Les palabres autour du cinquième mandat marqueront certainement l’année qui s’ouvre. La question meublera l’année politique et les disputes s’animeront à mesure qu’approchera l’échéance.
Pour garder la maîtrise du débat et priver les détracteurs de son immuabilité et les prétendants à sa succession de ce stratégique élément d’information, Bouteflika ne fera rien pour faire connaître sa décision. Et, même si, pour un motif irréductible, il devait renoncer à un mandat supplémentaire, il gardera le silence sur ses intentions pour minimiser les effets des manœuvres et chahuts qui pourraient venir perturber le passage de flambeau qu’il aurait forcément concocté.
Entretemps, les ambitions de succession dans son camp seront contraintes à la retenue et les prétentions adverses continueront à subir le poids de son contrôle absolu des institutions. Les clans alliés sont piégés par le fait qu’ils se légitiment, justement, de ce qu’ils épousent et exécutent “le programme du président de la République”. Et les forces d’opposition sont réduites à une fonction cosmétique et à une consistance symbolique : certaines paient le prix d’une participation au pouvoir dénuée de toute contrepartie politique et toutes subissent les effets d’une gestion clientéliste des catégories sociales aisées et d’une conception corruptrice de la fonction sociale de l’État.
L’argent de la rente a été, en partie, dépensé à créer chez les fortunés comme chez les démunis une “dépendance sociale” au régime. Quand on peut organiser l’opération Oum Durman, on est sûr de créer un indélébile “traumatisme” — au sens positif de doux souvenirs — dans l’opinion commune ! Au fil des “mandats”, celle-ci s’est accommodée de cette idée qu’il y a mieux que la lutte politique, la souscription au droit de rente.
Le régime a besoin que cela continue, jusqu’en 2019, malgré “l'imprévu” de la crise financière. Et c’est pour cela qu’il a décidé de s’éloigner de la “trajectoire budgétaire 2018-2020” à laquelle il s’était engagé pour se donner la liberté de manœuvre dépensière propice aux périodes de pré-campagne.
Il n’y a pas de menace politique contre la continuité ; il n’y a que des menaces de désordres que pourraient créer d’éventuels mouvements populaires ou sociaux. Le réveil de la question culturel inquiète le pouvoir, mais aussi le regain d’action syndicale. Il n’y a, d’ailleurs, pas que la “classe ouvrière” qui a des demandes économiques. Et plus le gâteau se réduit, plus les luttes pour son partage se font rudes. En cette année charnière, la planche à billets va battre son plein et réalisera l’essentiel du tirage prévu pour les trois premières années de son fonctionnement (1 800 milliards de dinars sur moins de 3 000 milliards). Le propos est de pouvoir couvrir les dépenses que les attentes sociales et locales, ou de nouvelles revendications, voire une accélération de l’inflation, viendraient à imposer.
Paradoxalement, ce sont les élections qui plombent la perspective de développement, car dans la pratique consacrée, une année de campagne n’est pas une année de projection, mais une année de dépense.

M. H.


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