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contrechamp / ACTUALITÉS

À quoi sert la Cour des comptes ?

Chaque année, des “fuites” du rapport annuel de la Cour des comptes font état de désastres dans la gestion des budgets des institutions.
Quelques médias, qui arrivent à se procurer le document, font leurs choux gras pour un temps avant que son contenu de scandales ne s’évapore dans l’atmosphère amnésiante de la gabegie nationale. Les dysfonctionnements sont si nombreux, si courants, qu’on croirait que la fonction financière en Algérie est conçue pour permettre tous les gaspillages et toutes les malversations. Une véritable bombe à sous-munitions ! Mais qui n’éclate jamais. Nous sommes visiblement devant un système qui, par sa manière de conduire la collecte et la dépense de la ressource, “organise” la prévarication.
Dans ce système, la Cour des comptes semble vouée à assembler, année après année, des fresques de cette entreprise de dilapidation à grande échelle, un peu pour la postérité. Sans suite politique, administrative ou judiciaire donnée à ses conclusions et recommandations.
Du côté de la justice, la lutte contre la diffamation des responsables a la priorité sur la lutte contre la déperdition dans la gestion de l’argent de l’État. Alors, devant cette menace, la presse hésite à exploiter le fruit de ces investigations pourtant officielles. D’ailleurs, le rapport de la Cour des comptes lui-même jouit de la discrétion remarquable de la part des parties liées à sa conception et à sa diffusion. Une diffusion si restreinte et surveillée que sa consultation relève, soit du privilège institutionnel, soit de la débrouille journalistique ! Le secret fonctionne si bien quand il s’agit d’étouffer les malversations et la mauvaise gestion qui caractérisent l’administration politique du pays ! Cette retenue correspond bien à un système où la sanction judiciaire, politique et administrative n’est pas systématique et est laissée à l’appréciation subjective et sélective de l’autorité politique. Lorsqu’en 2002, les élections ont modifié le rapport de force parlementaire en faveur du FLN, une commission parlementaire a été instituée pour enquêter sur la fraude qui a marqué les législatives de 1997 ; les conclusions de cette enquête ont été jetées aux oubliettes. Elles ont servi à régler les… comptes internes, mais la solidarité du système a ensuite pris le dessus pour cacher au peuple la manière dont le pouvoir manipule ses voix !
Les rapports, contrôles et enquêtes servent ainsi plus à influer sur les rapports de force intimes au régime qu’à réguler le fonctionnement de l’État. Ils ne deviennent efficients que le jour où le pouvoir politique en décide. Et c’est la capacité de “sortir des dossiers” qui donne la mesure du pouvoir respectif des diverses forces en présence. La pratique s’est même répandue aux différents secteurs et niveaux de la vie nationale.
On l’aurait su, depuis le temps, qu’elle égrène les irrégularités observées dans la réglementation et dans son exécution, si la Cour des comptes avait une autre vocation que celle, cosmétique, d’une fonction formelle de contrôle. Un destin naturel pour toutes les instances de supervision de la fonction exécutive sous un régime autocratique.

M. H.


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