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contrechamp / ACTUALITÉS

Air Algérie : entreprise ou succursale politique ?

Le Président-directeur général d’Air Algérie a envoyé une lettre à ses employés pour les sensibiliser à la parcimonie dans l’utilisation des ressources de la compagnie. “Aucune économie, aussi petite soit-elle, ne saurait être négligée”, écrit-il.
Selon son premier responsable, la compagnie nationale est éprouvée par la constante augmentation des coûts, la concurrence, les sujétions de service public et l’endettement. Mais en plus de demander au personnel d’être économe, il attire leur attention sur l’ampleur de la masse salariale et, en filigrane, la difficulté de la faire évoluer.
En orthodoxie managériale, c’est aux gestionnaires de concevoir les moyens d’assurer la rentabilité, sinon la survie, de leur entreprise. Mais est-ce possible pour Air Algérie ? Bien que réputée de statut d’entreprise, celle-ci est, en fait, gérée comme étant aussi une dépendance de différents centres de pouvoir ? Elle n’est pas soumise, en effet, aux seules sujétions de service public ; elle est assujettie à des obligations politiques. Il en est ainsi des lignes “diplomatiques”, ouvertes sans calcul d’intérêt commercial. Pourquoi, en l’occurrence, le financement d’une politique étrangère devrait-il affecter le bilan d’une entreprise économique ? Pire, cette fonction politique s’est élargie à un usage privatif des moyens de la compagnie par tous ceux qui disposent de l’autorité nécessaire pour ne pas se faire refuser ses services. Ainsi, des comptes rendus de presse rapportent régulièrement de cas de passagers “de prestige” qui font attendre des avions pour ne pas avoir à… attendre le vol suivant ! Mais, plus grave encore, depuis très longtemps, la compagnie est devenue une structure de placement népotique pour les proches des hommes de pouvoir qui désirent s’établir à l’étranger ou se faire payer en devises.
Il est certainement utile au pays de disposer d’un pavillon national aérien. En particulier pour les besoins d’éventuelles opérations de souveraineté. Mais dans ce cas, le mieux est de distinguer l’activité commerciale de l’activité d’utilité publique ou politique et d’isoler leurs impacts économiques respectifs. Mais cela ne réglerait pas les problèmes structurels de gestion de la compagnie : celui de son niveau irrationnel d’immobilisation, d’abord. Aucune compagnie aérienne ne se permet plus d’avoir un niveau de densité de ses représentations commerciales comme celui d’Air Algérie à Alger. Peut-on, aujourd’hui, à la “e-billetterie”, rentabiliser une agence qui vend des billets de sa seule compagnie ? Allez trouver une agence Air France à Paris !
Et celui du sureffectif, ensuite. Mais n’y a-t-il pas un malaise à pointer le problème de pléthore, certainement réelle du fait de trop de structures, dans une société, hélas, historiquement transformée en bureau de placement de luxe pour les enfants de la nomenklatura ?
Il y a comme de la triche à toujours poser le problème d’Air Algérie en termes politiques : en termes d’ouverture du ciel national ou de pavillon national… Car, la question est de savoir si l’on veut faire d’Air Algérie une entreprise, dont on doit rationaliser la gestion, ou un machin utilitaire à la disposition du pouvoir et de ses privilégiés ?    

M. H.


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