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contrechamp / ACTUALITÉS

Algérie : passé, présent et décadence

L’affaire de la cocaïne aura constitué l’événement politique de ces dernières années. Pas seulement parce qu’elle a induit le limogeage du directeur général de la Sûreté nationale, ou parce que les Algériens connectés n’en finissent pas de conjecturer sur le sort de hauts responsables. Mais surtout parce que l’opinion attentive y voit déjà le germe d’une évolution du régime. Comme elle l’avait vu au temps des affaires Khalifa, Autoroute, BRC, Sonatrach…
Bien que le scandale ait agi à la manière d’une bombe à sous-munitions, en révélant des sous-scandales, la vox populi ne veut pas se concentrer sur la responsabilité de sous-fifres que “le boucher” soudoyait pour l’aider à violer la loi qu’ils ont vocation à appliquer. Non, le scandale déclencheur est d’une envergure telle qu’il ne pouvait se concevoir sans l’assurance d’arrières politiques. En attendant, une responsabilité de ce niveau pourrait être, encore une fois, étouffée.
Passés l’effervescence du web et les cancans, les choses se tassent, les procédures tirent en longueur et les médias retournent à une actualité plus prosaïque. Quitte à puiser dans les réseaux sociaux de fausses nouvelles, passagers clandestins d’une liberté d’expression démocratisée par Internet. Comme cette vidéo vieille de quatre ans et montrant des supporters des “Bleus” profanant le drapeau algérien, supposément en pleine Coupe du monde en Russie, qu’un internaute est allé déterrer, espérant créer un buzz. Comme s’ils n’en espéraient pas tant “en cette veille de commémoration de l’indépendance”, des médias y trouvèrent l’opportunité de prouver leur vigilance nationaliste.  Et plongèrent la tête la première. Une aubaine pour le ministre des Moudjahidine pour parler d’autre chose que des activités de nos cartels.
“L’Algérie dérange toujours, car elle est forte par son histoire et son passé qui lui ont permis de briser l’arrogance du colonialisme, soutenu à la fois par l’Otan, ses alliés et les traîtres”, s’est-il irrité sur une chaîne de radio nationale ! Pas même les précautions du conditionnel en ces temps de fake news. Pour un pouvoir si prompt à faire la leçon du professionnalisme aux journalistes, le voici pris en flagrant délit d’amateurisme, lui et la sérieuse presse publique ! Ah ! La presse et le sérieux ! Depuis des jours que différents médias se passent la balle de savoir si le bateau qui a transporté la cocaïne est parti ou non ! Et personne n’a pensé à faire un tour au port d’Oran pour regarder de près ou se renseigner auprès d’un employé ni à jeter un coup d’œil sur l’un de ces nombreux sites qui donnent instantanément la position de tout navire dans le monde !
L’état de l’information est à la mesure de l’état du pays. Il est l’image du pays. On ne sait s’il l’a fait exprès, mais Zitouni l’a un peu reconnu : en décochant le chapelet de la grandeur que tout le monde nous envie, il précisa que l’Algérie est “forte par son histoire, par son passé”. Parce que pour le présent, il n’y a pas de quoi pavoiser, en effet.

M. H.


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