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contrechamp / ACTUALITÉS

Algéristan, ou la fin de la politique

L’opposition — ou ce qu’il en reste — n’a plus droit à d’autre existence que médiatique. Le nouveau mouvement Mouwatana l’a appris à ses dépens.
Des réunions, des déclarations de presse et des communiqués : c’est le maigre régime dont elle doit se contenter et dont elle se contente depuis bien longtemps. Mais sortir à l’air libre lui coûte la bastonnade, l’arrestation et la conduite au poste prévue pour simple délit d’inconduite sur la voie publique.
Dans la capitale, les manifestations et rassemblements sont interdits depuis plus de dix-sept ans. Et ailleurs, elles sont invariablement réprimées. Les marches du 20 Avril sont encore tolérées en Kabylie parce que le pouvoir ne se sent pas encore en mesure de s’y opposer. D’ailleurs, ce fonctionnement au rapport de force fait qu’il tolère ces manifestations identitaires à Tizi Ouzou et à Béjaïa, et les réprime à Bouira. Le même jour, parfois.
Le régime algérien est un régime autoritaire et répressif. Mais il s’efforce d’entretenir un multipartisme de vitrine parce qu’il aspire à l’estime internationale due aux dirigeants d’État démocratiques. Il ne puise donc dans la démocratie que le minimum d’apparats qui lui permettent d’arborer une légitimité démocratique… frelatée : des institutions législatives et judiciaires asservies, des partis courtisans ou étouffés et un vote truqué.
Pour s’assurer l’impuissance de l’opposition, il a isolé les leaders des partis de leurs bases. En commençant par incorporer les chefs dans le réseau général de rapinerie. En transformant les assemblées nationales et locales en plateformes idéales pour démarrer une carrière politico-affairiste au profit des “élus”.
Parallèlement à ce processus de neutralisation de la “classe politique”, par les affaires, débutait une entreprise nationale de corruption matérielle du peuple, segmenté en fonction du poids politique de chaque catégorie, de son niveau de nuisance potentielle, de son utilité politique… Le principe était de répandre la conviction que le citoyen a plus intérêt (matériel et immédiat) à s’accointer avec les instances de pouvoir et officines proches qu’à arrimer sa cause à des organisations politiques, syndicales ou associatives. Bases et directions sont donc parties, chacune de son côté, quêter les largesses d’un régime providentiellement servi par une longue embellie pétrolière. La dernière décennie fut une démonstration massive de l’efficacité corruptive de la rente.
C’est l’époque où un Premier ministre a pu dire que “les jeunes avaient le droit d’utiliser les crédits Ansej pour se marier” et où un autre a pu proclamer que “la paix civile n’a pas de prix”. Cette démarche a eu raison de tout souffle politique et de toute revendication pour une évolution structurelle dans quelque secteur que ce soit. Le lot de l’engagement résiduel est, plus que jamais, la répression. El-Mouwatana en a fait les frais, il y a trois ou quatre jours, comme “Barakat”, ces dernières années, et comme les médecins résidents, récemment.
Dans cette “Algéristan” en régression accélérée, il ne reste au régime que les furtifs posts de blogueurs à traquer. Et leurs auteurs à emprisonner. En attendant l’issue, forcément autre que politique de ces deux décennies d’errements.

M. H.


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