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contrechamp / ACTUALITÉS

Alliance de gouvernement : l’angoisse des incertitudes

Bouteflika n’a pas encore annoncé sa candidature mais la bataille, parfois sourde et d’autres fois tapageuse, fait rage.
À l’approche de l’heure de décision, les différents groupements organiques affiliés à la sainte “alliance” se disputent la proximité du président. Les invectives se formulent parfois dans un langage de matelassier, comme celui adopté par le secrétaire général du FLN à l’endroit du secrétaire général du MPA, après avoir provoqué, à diverses reprises, le chef du RND.
À l’évidence, Ould Abbes tente de pousser ses “alliés” à la faute pour s’assurer le monopole de la suite de Bouteflika.
Pour les “alliés”, il s’agit de garder le contact avec le président de l’alliance tout en se ménageant une sortie au cas où, pour une quelconque raison, le président ne voudrait ou ne pourrait pas rempiler. Même si la mise en place de l’argumentaire de campagne construit autour des “réalisations” et l’entrée en campagne prématurée des ministres Louh et Bedoui laissent peu de doute sur l’intention du chef de l’État, le secret semble bien gardé. Les alliés sont, comme tout le monde, maintenus dans l’expectative.
En l’état actuel des choses, Bouteflika constitue la seule rente politique de la majorité. S’il s’efface, elle pourra peut-être continuer à occuper les institutions par les moyens traditionnels de la répression, de la corruption populiste et de la fraude. Mais dans quel nouveau rapport de force ? Et dans quelle nouvelle figure puisera-t-elle sa nouvelle légitimité, puisque la culture du leader n’a pas encore laissé place à la culture du programme ? Ce ne sera pas une mince affaire pour des guildes qui n’ont de poids politique que par la force du président et des moyens de se bâtir, en quelques mois, de nouvelles légitimités. D’ailleurs, la vacuité politique des formations amarrées à la “légitimité” de Bouteflika se mesure à l’indigence conceptuelle de leurs “projets” et de leurs “débats”.
Leur attachement viscéral à la continuité vient justement de ce fait : à force de vouloir éloigner toute idée d’alternative à Bouteflika, les animateurs politiques de la majorité sont devenus les porte-parole de “l’impasse salutaire” : Bouteflika ou le chaos. Ce faisant, ils se sont piégés : que vont-ils devenir sans lui ? Et s’il continue, qui va-t-il lâcher, qui va-t-il conserver ? Seul le FLN, parti pivot de l’autoritarisme traditionnel de notre système, est à l’abri de la disqualification. Les autres se savent interchangeables : le pouvoir peut prendre n’importe quelle formation, lui gonfle ses résultats aux législatives et en fait instantanément la seconde ou la troisième “force politique” du pays !
La maladie de Bouteflika, en mettant de l’incertitude dans son avenir, rend aléatoire le futur d’une masse de professionnels de la politique et d’abonnés à la rente. Et comme le mode historique d’organisation de la transition politique a été démantelé sans être remplacé par le mode d’alternance démocratique, l’après-Bouteflika devient encore plus hasardeux. Même la gestion de la succession est maintenant à inventer !
Le danger est que ce ne sont pas les crieurs du “énième mandat” qui pourraient imaginer une évolution ordonnée pour ce n’importe quoi qui nous tient lieu de vie politique.

M. H.


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