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contrechamp / ACTUALITÉS

Alternance, transition, succession ou continuité : l’impasse ?

Le cinquième mandat montre des signes d’essoufflement, paraît-il. Des acteurs politiques et des observateurs commencent à reconsidérer l’hypothèse de la continuité, conçue comme évidente depuis que le premier cercle des forces de soutien s’est levé pour appeler, parti après parti, Bouteflika à poursuivre son œuvre.
Après vingt ans de règne, un régime initialement advenu pour un mandat ou deux de cinq ans mais qui s’est durablement incrusté, usant de moyens les plus autoritaires et les moins démocratiques pour perdurer, continue à produire du suspense. Et cela au motif qu’Ould Abbes s’est mis à délivrer des messages subliminaux laissant deviner que Bouteflika n’a pas encore pris la décision de prolonger son règne et qu’il pourrait prendre “une autre décision”, auquel cas le FLN “l’appliquera” parce qu’il ne veut pas “d’un saut dans l’inconnu après 2019”.
Mais bien sûr que le secrétaire général du parti unique ne sait rien de cette décision. Et comme il le rappelle, “le FLN n’a le monopole de rien du tout”, c’est “un parti comme les autres”, comme ses “partenaires” avec lesquels il doit travailler “pour un candidat du consensus”. Or, le candidat du consensus, il n’y en a qu’un. Et c’est Bouteflika. Ce candidat du régime peut-il, en effet, être incarné par un autre ? En l’état actuel des choses, on est plutôt enclin à penser que le système n’a pas intérêt à laisser la question de la succession se poser.
Nous sommes en présence d’un régime qui n’a pas, un jour, envisagé son “après”, et ne l’a donc pas conçu. Si c’était le cas, il aurait mis en place des mécanismes de transition vers le pouvoir continuateur. Des mécanismes qui transcenderaient les modalités électorales formelles, bien sûr. Et on aurait entrevu des signes  qui renseignent ce choix. Or, cette transition autogérée n’a, apparemment, pas été considérée à temps. Et n’est plus envisageable aujourd’hui. Le régime peut se perpétuer avec Bouteflika, mais ne peut plus décider de l’après-Bouteflika : trop d’ambitions l’ont soutenu au cours de son long règne tout en lorgnant vers la succession. En silence. Car, ceux qui ont manifesté un penchant pour une alternance à échéance rapprochée ou ont montré une impatience à vouloir
succéder au Président en place ont été déchus de leur position dans le sérail.
Du point de vue de la succession organisée, le pouvoir est dans l’impasse. Nous ne sommes ni en 1978 où une réunion de l’état-major de l’ANP et de ce qui restait du Conseil de la Révolution suffisaient à résoudre la question de la succession, ni dans les années 1990 où quatre généraux “décideurs” pouvaient statuer sur la perspective politique nationale. Ces instances de décision, certes informelles, mais homogènes, n’existent plus et n’ont pas d’opérationnalité, puisque la démarche du régime a été de démanteler toute forme parallèle de pouvoir. Et il n’y a pas de démocratie pour y pallier.
Alors, Ould Abbes, comme tout le monde, attend de voir la couleur de la fumée qui montera de Zéralda ou d’ailleurs. Et tout le monde se demande de quelle couleur sera cette fumée.
Nul ne peut prévoir l’issue de cette impasse, puisque nul ne connaît la méthode qui présidera à sa résolution.


M. H.


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