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contrechamp / ACTUALITÉS

APN : touche pas à ma solde !

Les députés n’ont pas apprécié le traitement scolaire auquel ils seront exposés une fois voté le projet de règlement intérieur en cours d’examen.
Parmi les innovations introduites de ce texte, celle visant à réduire l’absentéisme endémique de nos élus a suscité leur colère. Beaucoup d’entre eux ont pris la parole pour exprimer leur mécontentement devant ce tour de vis disciplinaire, dénonçant le choix “humiliant” de la sanction financière contre les absents récidivistes fait par le rédacteur du projet.
Cette perspective ne pouvait qu’irriter, en effet, des parlementaires qui se voient menacés de ponctions alors qu’ils appelaient à une revalorisation de leur rémunération. Il y a là l’expression d’un véritable malentendu politique entre le pouvoir et ses députés : car ceux-ci, mesurant leur discipline à l’aune de leur disponibilité pour la ratification mécanique des textes proposés par l’Exécutif, ne doivent pas comprendre que celui-ci se mette à pinailler sur des questions d’assiduité. L’essentiel, le pacte, n’est-il que ses lois et ordonnances soient invariablement ratifiées ? Et même que, le plus souvent, elles sont très largement plébiscitées, pour rappeler à ceux qui viendraient à l’oublier que le régime fonctionne à la règle de “la majorité écrasante”.
D’ailleurs, originellement, le pouvoir a dû prévoir la fréquence de ces défections physiques, ayant choisi, parmi les prétendants aux fonctions parlementaires, des candidats pas du tout motivés par des projets de société ou tourmentés par des convictions politiques. C’est finalement une épreuve au quotidien pour un député de venir “examiner” des textes avec lesquels il est déjà d’accord. Sans même la satisfaction de pouvoir émettre une intention d’amendement, nécessairement soumise à la censure de la commission concernée. Anticipant cette relative vacance parlementaire, le pouvoir prévoit, à chaque législature, une très large majorité… à sa majorité. De sorte que ses députés puissent s’absenter en se relayant dans l’hémicycle pour éviter que les opposants ne soient jamais en situation de rapport numérique favorable.
Et puis, pourquoi s’échiner à repenser des décisions traduisant les programmes et les orientations d’un dirigeant dont on est convaincu de l’infaillibilité ?
En contrepartie de cette fonction de figuration législative, les députés ne pouvaient donc que s’attendre à la compensation tacite d’une sécurité matérielle la meilleure possible. Faute de cela, le malentendu entre les élus et l’autorité effective surgit. Et pour aggraver la brouille, le rédacteur du nouveau règlement intérieur a prévu un surplus de prérogatives au profit de la classe des députés superviseurs, ceux qui, dans le bureau de l’APN et dans les commissions, sont chargés de surveiller la discipline politique de leurs collègues de la base législative. En plus de filtrer les propositions d’amendement, ces véritables mandataires de l’Exécutif à l’Assemblée devront exercer leur vigilance sur les discours de députés évoquant… les principes de la société (?), la Révolution et ses symboles, le président de la République, les procès en cours…
Mais ce n’est pas tant la censure politique qui indispose nos représentants, généralement, pas trop subversifs. Ni même la menace qui pèse sur l’intégrité de leur maigre solde, d’ailleurs. Et ils n’auront pas manqué de le voter, leur incommodant règlement.

M. H.


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