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Après le plat, les étapes de montagne

Pour le chef d’état-major de l’ANP, il n’y a pas d’alternative à la “transition constitutionnelle”. En particulier parce que “certaines parties étrangères, partant de leurs antécédents historiques avec notre pays”, poussent “certains individus au devant de la scène actuelle en les imposant comme représentants du peuple en vue de conduire la phase de transition” avec le dessein de “déstabiliser le pays” et de “semer la discorde entre ses enfants”. Gaïd Salah trouve les slogans brandis “irréalisables”. Pour lui, l’affaire est entendue : avec la désignation d’un président intérimaire, la transition vers la nouvelle république revendiquée est sur les rails.

Pourtant, à y regarder de près, et si les choses en restent là, ce sera le régime qui aura profité de la révolution : elle lui aura servi à se débarrasser de Bouteflika pour maintenir son emprise sans s’encombrer d’un Bouteflika disqualifié par sa maladie et par son trop long règne.
Il faut dire qu’à la veille de l’échéance électorale, le régime était, en effet, empêtré dans la problématique de succession présidentielle. Les clans alliés ont bien tenté d’explorer d’autres voies que le cinquième mandat mais, n’ayant pu s’entendre sur un successeur, le maintien de Bouteflika, malgré son état de santé, s’est imposé à eux.
Quand dans sa seconde lettre, Bouteflika écrivait qu’il n’a pas été question, pour lui, d’un cinquième mandat, c’était de cette période qu’il parlait. Cette période où son frère Saïd cherchait des alliés pour asseoir l’idée d’une “transition sans élection”, solution dont Makri puis Ghoul furent les VRP.
En le forçant à renoncer à sa candidature, puis à partir, le peuple a fait l’affaire d’une grande partie des forces alliées au régime. Mais l’annulation de l’élection suivie de la mise en place d’une autorité de transition allait desservir les intérêts des clans. L’article 102 tombait alors à point nommé : sans déloger le régime, il lui offre le sursis suffisant pour s’entendre sur un nouveau président.
Nous en sommes là. Et le pouvoir ne compte pas bouger de cette position : dans son rapport à la révolution populaire, il reprend les bonnes habitudes, dont celles d’empêcher, par la répression, les manifestations et les rassemblements, en commençant par ceux qui se tiennent à Alger. “Les tentatives d’infiltration” et “d’exploitation qui le guettent de l’intérieur et de l’extérieur” légitimeront la répression d’un mouvement désormais injustifié, la transition vers “l’État de droit et des institutions” étant entamée. D’autant plus injustifié que l’ANP “veillera au suivi de cette phase, au regard de la confiance réciproque entre le peuple et son armée”.
Gaïd Salah tente ici de convaincre le peuple qu’une transition vers une vraie république pourrait être réalisée par un président en définitive préventivement choisi par Bouteflika, tout comme le gouvernement et le Conseil constitutionnel l’accompagnent dans sa mission. Surtout qu’il y veillera !
En optant pour l’article 102 sec, le pouvoir savait que le peuple n’allait pas signer de chèque en blanc au régime. Et qu’il allait continuer sa révolution pour la mise en place d’une démocratie effective. C’est pour cela qu’il a déjà fait le choix de la répression..


M. H.

 


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