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contrechamp / ACTUALITÉS

Art, culture et société

Il ne serait pas superflu de saluer la position exprimée par le ministre de la Culture en réaction à la demande d’une élue islamiste de mettre la statue d’Aïn El-Fouara au musée. Même si l’on ne peut approuver sa suggestion d’envoyer la députée en question au musée, celui-ci se définissant comme un lieu de conservation d’objets d’intérêt artistique, scientifique et technique. Or, l’allergie au beau est une pathologie ; il est plus indiqué de placer ceux qui en souffrent en milieu approprié.
Et puis, les porteurs du virus de l’obscurantisme prolifèrent aujourd’hui à une vitesse telle qu’il n’est point nécessaire d’en conserver des spécimens. Les régimes musulmans assurent à ce mal une transmission multiplicatrice. Il n’y a pas une grande différence, en termes de projet de société, entre une députée qui appelle à cacher une statue de femme nue et un Président qui donne du “monsieur Hattab” et qui demande aux femmes de s’abstenir de fumer pour ne pas heurter la sensibilité de soi-disant repentis. Un repentir auquel il ne croit pas d’ailleurs puisqu’il sait que leurs convictions sexistes sont intactes. Et il en tient compte. Et ce faisant, il les agrée.
Le message du ministre est à considérer pour ce qu’il est : un rappel d’un principe républicain et moderniste sur la question de l’art. Une question d’importance politique urgente. Car le pays est culturellement infecté. Et il n’est pas responsable de le laisser dériver plus longtemps vers l’obscurantisme juste parce que ses dirigeants sont intimidés par l’agressivité de l’attitude et du discours des chefs intégristes et de leurs troupes de vigiles. C’est quand même incroyable qu’un État et une société qui ont payé, et paient encore, le prix fort, en vies humaines et en budgets, de la lutte contre le terrorisme continuent à témoigner tant d’empressement autour de l’idéologie qui fonde ce terrorisme !
Si ce bigotisme fascisant avait des vertus plus éducatrices que l’art, on n’aurait pas eu à rougir d’agissements indécents, comme ceux dont viennent de se rendre coupables de jeunes Algériens en séjour à Alicante. Il y a un lien de “co-culturalité” entre le forcené de Sétif, qui s’en est pris à cette femme de pierre, et la meute d’enragés qui ont séquestré et violé trois adolescentes. Les deux actes ont un même soubassement mental : la frustration profonde engendrée par le tabou sexuel à fondement religieux soutient la répression institutionnelle de la mixité et des couples informels. Pour que dix jeunes s’entendent pour un tel crime, il fallait que la tare soit collective, c’est-à-dire culturelle, sociale.
Et la fécondité de la régression étant sans limite, on a pu lire sur un site local que le danger de pareil événement était de provoquer… un regain d’islamophobie contre les Algériens d’Espagne ! C’est nous qui faisons parler de nous, mais le danger ce sont les autres ! Après Cologne déjà, il y eut des soulèvements parmi nos “élites” pour condamner les lectures engageant notre responsabilité culturelle dans les manifestations de la régression mentale que produit notre société.
Comme l’autruche qui plonge sa tête dans le sable, notre aristocratie politique et civile préfère faire mine de ne pas voir la dérive nationale par peur de devoir affronter un islamisme belliqueux.


M. H.


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