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Article 102 : le faux changement

En application de l’article 102 de la Constitution, le président par intérim a été désigné, hier, par le Parlement.
Dans les manifestations hebdomadaires de vendredi dernier, les Algériens avaient, cependant, exprimé leur refus d’une transition conduite par les résidus du régime Bouteflika. Il s’agit d’un clair rejet collectif visant les principales institutions concernées par la gestion du processus politique et encore contrôlées par le régime : la Présidence, le gouvernement et le Conseil constitutionnel.
Mais, dans sa première déclaration de président, Bensalah n’a pas montré que le message a été pris en compte. Il a, en revanche, fait la promesse “d'une application rigoureuse de la Constitution et d'un travail accompli avec sérieux et abnégation pour permettre, dans les plus brefs délais, au peuple de dire son mot et de décider souverainement du choix de son président élu pour diriger le pays…”. Manière de démentir les supputations et rumeurs autour d’une démission subséquente à sa désignation pour permettre la poursuite du processus de rupture réclamé par les manifestants.

Le même jour, le général Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP, qui s’est proclamé en charge de la satisfaction de la revendication populaire d’un changement de régime, en visite de terrain, s’est abstenu d’évoquer le sujet, consentant ainsi au nouveau président la prérogative de délivrer le message officiel du pouvoir.Pendant que le Parlement expédiait la procédure d’application de l’article 102, les étudiants étaient sortis dans presque toutes les villes universitaires pour reprendre le slogan des manifestations de vendredi dernier : non à l’intérim de Bensalah et non à une transition gérée par des dirigeants survivants du régime.
Au demeurant, et dans la cas d’une application littérale de l’article 102 “sec”, il ne s’agirait pas, à proprement parler, d’une transition, puisque l’autorité d’intérim n’aura pas la prérogative d’amender la Constitution, de remanier le gouvernement ou d’organiser une quelconque autre consultation que la présidentielle. Elle aura, cependant, le privilège de superviser l’élection du président de la République qui, dans notre problématique, est supposé incarner la rupture et la mettre en œuvre. Non seulement un tel intérim n’offre aucune assurance de respect de la revendication massive de changement de régime et de système mais, par sa composante,  il constitue une garantie d’entrave au projet populaire.
Au moment où l’on désigne Bensalah à la tête de l’État, les étudiants manifestant à Alger se heurtaient à une répression inédite depuis le début de la révolution populaire. Gaz lacrymogène, canons à eau et interpellations ont été le lot des nombreux jeunes manifestants qui, la journée entière, ont tenu le siège d’une impressionnante armada policière. Ce 9 avril semble marquer la fin d’une attitude conciliante d’un régime parvenu à la limite de ce qu’il peut concéder sans disparaître. L’armée se trouve devant la véritable alternative que lui impose l’insurrection populaire pacifique : assumer la volonté populaire de rupture ou s’investir dans la sauvegarde du régime.
Même s’il a contraint l’ancien président à céder sa place, l’article 102 étant une solution de continuité. En faisant le choix de cette option, l’armée propose une fausse sortie de crise.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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