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contrechamp / ACTUALITÉS

Assegwas ameggaz !

En 2018, le nouvel an amazigh sera légalement fêté. La veille de cette circonstance historique, le ministère de l’Intérieur a diffusé le premier document officiel rédigé en langue amazighe. Même si, par le choix de l’objet du communiqué, le gouvernement n’a pas manqué d’émettre le message subliminal que l’on devine. Et que, dans le même esprit, la légitimité de Yennayer a été soumise à la bénédiction des prêcheurs du vendredi.
Le chemin de la lutte a été ardu pour ceux qui l’ont pris. Ces nouveaux jalons, auxquels il faut ajouter ceux posés par la revendication qui a imprégné le mouvement national et les luttes politiques dans l’Algérie indépendante, sont à mettre au compte de ce combat de plusieurs générations. Et si tant reste à faire pour la réhabilitation effective de l’Algérie dans son identité, il y a quelque émotion à éprouver qu’en trois décennies, le pouvoir est passé de la répression et l’anathème qu’un tel sujet lui inspirait à sa prise en charge. Et dans sa suite, il a converti à la cause, sinon à sa tolérance, tant d’opinions sclérosées par les idéologies importées et les ignorances entretenues.
Même en y ajoutant la mise en place prochaine de l’Académie de la langue amazighe, ces acquis formels ne sont pas le parachèvement de la quête identitaire. Mais les méjuger parce que le pouvoir qui les concède n’est pas du genre à le faire par conviction ou par posture démocratique. D’une part, il n’a pas expliqué ce qui fonde son éventuelle évolution à ce sujet et, d’autre part, il a usé de son unilatéralisme de principe pour “octroyer” un droit qui a engagé des luttes politiques soutenues depuis près d’un siècle. C’est ce qu’il a fait pour rédiger la Constitution qui a permis ces évolutions.
Le pouvoir fait comme s’il ne voyait pas le paradoxe entre ces évolutions démocratiques et le fait qu’elles surviennent dans un contexte autocratique. Il doit même entendre qu’elles lui vaudraient une plus grande reconnaissance parce qu’il a unilatéralement pris l’initiative de telles mesures. Non seulement, il se défend indirectement de tout effet de pression des luttes militantes, et il s’octroie seul le bénéfice politique de tels progrès. Mais c’est ainsi : pas plus qu’on a rejeté le multipartisme pour priver Chadli du crédit de ce saut démocratique, on ne sous-estimera pas le fait, en ce début d’année, parce que le régime actuel risque d’en récolter les lauriers.
En tout état de cause, son bilan politique est parlant. Concentrée sur sa finalité première, celle de convoyer la rente jusque dans les poches de l’oligarchie, il ne tolère aucune lumière sur ses agissements claniques. Il est en particulier rétif au principe d’expression citoyenne. Dès que quelques Algériens se rassemblent pour exprimer un son collectif, le pouvoir retrouve sa nature totalitaire et répressive. En attendant une évolution du système, A,ssegwas ameggaz, tout de même !

M. H.


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