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contrechamp / ACTUALITÉS

Au commencement, il y a l’insouciance rentière

Des produits agricoles exportés ont été refoulés par les pays destinataires.
Le ministre du Commerce a réagi en ordonnant une enquête sur les motifs de ce refoulement.  Et le ministère de l’Agriculture vient de se manifester à son tour en assurant que la qualité phytosanitaire n’y est pour rien.
Nous ne sommes pas très avancés sur la nature du problème. Il n’y a pas un document consultable qui accompagne les marchandises retournées ? Pour l’instant, les ministères concernés s’occupent d’abord de s’en laver les mains. On saura, sûrement, plus tard.
Simple coïncidence ? Le ministère du Commerce vient d’installer, suite à la médiatisation polémique de ces incidents, une commission chargée de réfléchir à la manière de réunir les conditions de développement de l’exportation des produits agricoles. Le gouvernement ne s’en est donc pas vraiment préoccupé avant, malgré de bruyantes assises de l’agriculture ! Le SKD-CKD, surtout quand il concerne la manne automobile, est trop prenant.
Et il y a une autre bonne raison de négliger la question de l’exportation des produits agricoles : pourquoi le gouvernement, rassuré par un niveau de recettes liées aux exportations d’hydrocarbures (près de 77 milliards de dollars en 2011, plus de 71 milliards en 2011 et 2012 !) se fatiguerait-il à essayer d’exporter des fruits et des légumes ? Cela demanderait tellement d’efforts en termes d’investissement, d’organisation, de mobilisation et d’adaptation aux normes… Même pour notre propre alimentation, le pouvoir s’est complu à l’importer plutôt qu’à chercher le moyen de nous mettre au travail de la terre. Cette attitude de la facilité, rendue possible par l’embellie pétrolière prolongée, vaut aussi pour l’industrie. Pourquoi un pouvoir, qui n’a de souci que celui de sa “stabilité”, irait-il s’encombrer d’un monde industriel, d’un monde agricole, de patrons forts de leurs réalisations industrielles, de syndicats forts de leurs effectifs et de leur labeur ? N’est-ce pas plus pratique pour le pouvoir de décider, lui-même, des réussites économiques et des faveurs sociales ?
Pour exporter, il faut d’abord produire. L’industrie nationale et encore moins l’agriculture n’y sont pas encore, rien qu’en termes de production, de quantité. Pénétrer les marchés étrangers oblige à un respect de normes auxquelles nos producteurs ne se sont même pas exercés, le marché local n’étant pas contraignant au plan de la qualité nutritive et sanitaire, de conditionnement, d’étiquetage, etc. Où est-ce qu’on peut vendre un artichaut avec une tige de vingt-cinq centimètres ? Où est-ce qu’on peut mélanger les pommes de terre de calibres, de saisons et régions différents dans le même cageot ?
La malédiction de la rente se manifeste, seulement, par la culture politique de l’insouciance économique. Elle nous a installés dans un dilettantisme méthodologique : on commence par donner libre cours à l’anarchie et on cherche à corriger après, quand les scandales éclatent et qu’il est souvent trop tard.
Cela vaut pour l’encadrement de l’agriculture, mais aussi l’industrie, le commerce, le transport, l’urbanisme, l’aménagement du territoire, l’environnement…


M. H.


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