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contrechamp / ACTUALITÉS

Aux origines de la “harga”

Le RND s’est cru obligé de nous éclairer les réelles intentions des centaines de jeunes Algériens qui, avant-hier, ont assiégé l’Institut français d’Alger.
Ce ne sont pas des harragas ni des demandeurs de visas, nous explique le parti du Premier ministre ; ce sont juste des  étudiants qui veulent aller étudier en France.
Pourtant si. Ces jeunes, diplômés de l’Université et des grandes Écoles algériennes, souhaitent aller décrocher une post-graduation en France. Et ce, pour se donner une chance de s’y établir et d’y entreprendre la carrière qu’ils pensent mériter et mener la vie à laquelle ils aspirent. Pour cela, ils doivent tout de même passer par la phase demande de visa. Ce ne sont pas des harragas, certes, pas au sens de ceux qui s’entassent nuitamment dans des mini-boat people pour tenter une traversée à haut risque juste pour…espérer entamer la galère du sans-papiers !
Les candidats au test de langue de l’Institut français ont plus de chance que ceux-là. Leur chemin est moins risqué et, au bout plus prometteur. Mais ils ont moins de chance que leurs congénères qui ont eu la chance — politique ou économique — de faire le “lycée français” ou la filière “spéciale” du “lycée Descartes” : ceux-là n’auront pas à passer le test de langue exigé pour les étrangers qui postulent à des études universitaires en France. Ils ont encore moins de chance que ceux dont les parents ont eu la prévoyance de les installer matériellement, voire confortablement, en “métropole”.
Quel est le responsable ou le haut fonctionnaire qui peut se vanter de n’avoir pas aménagé les conditions — les plus aisées possibles — de “transfert” de sa progéniture vers un pays d’Europe ou d’Amérique du Nord ? Le personnel du pouvoir leur a montré la voie. Quand des gouvernants sont à ce point conscients de l’échec qu’ils ont infligé au pays qu’ils dirigent qu’eux-mêmes ne font pas confiance à son École, à son Université, à son système de Santé, etc., quand eux-mêmes désespèrent de le voir s’enrayer le mouvement de décadence dans lequel ils l’ont lancé, ils devraient comprendre que la jeunesse populaire cherche, elle aussi, à fuir vers des horizons qui leur paraissent plus prometteurs.
Étymologiquement, le terme harraga renvoie à l’idée de “brûler” la frontière, de la franchir illicitement, de l’enjamber. Mais psychologiquement, il exprime l’esprit de ce “voyage”, pas les conditions dans lesquelles il s’effectue. C’est un passage de la mal vie à la vie. Il suffit de regarder les vidéos de ces harragas faisant la fête, une fois au large, sur leurs frêles embarcations, pour comprendre qu’ils sentent, dans leur hasardeux périple, le commencement d’une nouvelle existence.
Et de ce point de vue, nous sommes très nombreux à être harragas. Qu’on puisse s’offrir une résidence à Neuilly ou que l’on se jette à l’eau sans rien.
Après, on peut toujours tenter de retenir les potentiels harragas par des sermons patriotards. Ou par une équipe de football qui gagne. On peut aussi convoquer la théorie du complot pour accabler ceux qui “veulent salir l’image du pays”. Comme s’il n’était pas assez abîmé par sa gestion.

M. H.


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