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contrechamp / ACTUALITÉS

Bensalah, président à vie ?


Après avoir fait le constat que l’élection présidentielle du 4 juillet ne pourra pas se tenir, le Conseil constitutionnel a décidé qu’”il revient au chef de l’État de convoquer de nouveau le corps électoral et de parachever le processus électoral jusqu’à l’élection du président de la République et la prestation du serment constitutionnel”. 
L’intérim de Bensalah se trouve ainsi prolongé, pour l’instant sans précision de délai, jusqu’à ce qu’un nouveau président de la République soit élu. L’argument à la base de ce visa pour l’impasse vient de ce que, constitutionnellement, “la mission essentielle dévolue à celui investi de la charge de chef de l’État est d’organiser l’élection du président de la République”.
Voici donc les Algériens ramenés plusieurs semaines en arrière, lorsque le chef de l’État par intérim convoquait le corps électoral en dépit de la revendication populaire nationale d’une autorité de transition et du départ préalable des membres du régime Bouteflika encore à la tête des institutions. 
Par cette réaction, le pouvoir semble vouloir soumettre le mouvement populaire à une guerre de tranchées après lui avoir imposé une guerre d’usure depuis le 2 avril. Et si l’on oppose le raisonnement du Conseil — qui, en toute logique, peut offrir à Bensalah un intérim à vie — à la détermination populaire pour une transition souveraine, nous sommes partis pour un face-à-face à durée indéterminée et, surtout, à l’issue aléatoire. Un piège placé en toute conscience sur la voie de la mobilisation populaire pour le changement.
Dans les “considérations” justifiant sa décision, le Conseil a tenu compte des seules contraintes constitutionnelles, recourant aux interprétations les plus accommodantes du texte. En optant pour un mode scolaire d’élaboration de sa décision, il nous livre un verdict “décontextualisé” et porteur d’un danger d’impasse politique grave. Ses accommodements sémantiques justifient une prolongation d’intérim présidentiel qui, par jurisprudence, peut désormais être indéfiniment renouvelée ! Même le cas, comme le nôtre, où la présence du président en question à la tête de l’État hypothèque, en partie, la tenue de tout scrutin n’est pas pris en compte. 
Le Conseil constitutionnel a simplement fait comme s’il n’y avait pas de contexte. Fort de ce que le préambule prévoit que la “Constitution est au-dessus de tous”, il ignore que, depuis des mois, le peuple exprime pacifiquement mais massivement son clair rejet du système, un système qui intègre le régime actuel et sa Constitution sur mesure. “La Constitution est au-dessus de tous”, c’est-à-dire de chacun. Mais le peuple est au-dessus de tout. 
C’est cette culture, permettant d’opposer à la volonté populaire des textes qu’on lui a fait voter par la fraude, qui fait qu’on en est là. Et que le pouvoir continue à ruser avec la volonté populaire. Et qui fait qu’au lieu de considérer  les conditions politiques, voire la situation historique, qui a rendu cette élection infaisable, il préfère assumer un périlleux déni de réalité.

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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