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contrechamp / ACTUALITÉS

Bouteflika et la question universitaire

Le président de la République a émis le principe que “l’école et l’université ne sont ni un terrain de conflits ni un espace d’intérêts, d’idéologies ou de compétitions politiques”.
Heureusement qu’en ce 19 Mai 1956, les étudiants et les lycéens algériens en étaient à un niveau de politisation qui leur a permis de saisir alors l’enjeu de la lutte de Libération et de s’y engager en nombre. Sinon, le FLN aurait dangereusement manqué de cadres pour concevoir et gérer le minimum d’institutions nécessaires à un mouvement national, pour conduire l’action diplomatique, décisive pour une question de décolonisation, et constituer une délégation du niveau de compétence de celle qui a négocié les accords d’Évian… Il n’y a pas de bons et de mauvais contextes pour l’expression de la conscience politique. Et ce n’est pas l’excès de débat politique qui a abîmé l’université. C’est plutôt le confinement sournois des universitaires aux tâches techniques et leur exclusion politique par l’arabisation politicienne des institutions. Ce n’est pas la politisation de l’université qui l’a empêchée d’apporter son concours au progrès et au développement du pays ; c’est sa “policisation” et la caporalisation de ses cadres qui ont fait d’elle un lieu de formation de diplômés qui ont le choix entre des carrières de coopérants techniques désincarnés, d’experts courtisans ou de savants inadaptés.
La répression soutenue, depuis l’indépendance, de la pensée et, surtout, de l’expression politique a ouvert un boulevard devant l’islamisme qui avait pour lui l’efficacité de la voie religieuse tolérée par un pouvoir populiste et, donc, bigot, une voie conquérante dans une société d’enseignants et d’étudiants de plus en plus démunis philosophiquement et politiquement.
Qu’est-ce un être de savoir s’il n’a pas la préoccupation de sa communauté et de son espèce ? Qu’est-ce que “respecter le campus” si ce n’est y promouvoir la rationalité, la liberté d’opinion, l’échange et la pensée sans entrave ni tabou ? Ce n’est pas une université desséchée par la censure politique et la terreur du fanatisme qui est souhaitable pour “nos générations futures”.
À cela s’ajoute le retard scientifique et organisationnel, notamment en ce qui concerne la recherche et les nouvelles technologies que le régime appréhende autant comme un progrès que comme une menace contre son pouvoir total. Même à partager l’esprit de cette campagne autour des “réalisations” du régime, on ne peut “s’enorgueillir” du rang de notre université dans la hiérarchie scientifique mondiale. Et “la place qu’occupent les nombreux diplômés de nos universités, qui ont fait le choix de l’émigration, dans les pays occidentaux”, ne constitue point un gage de performance : outre qu’elle est le résultat d’efforts individuels d’étudiants qui veulent se réaliser dans des contextes de saine compétition, il s’agit de post-gradués qui ont dû compléter, sur place, de manière approfondie et dans la peine pour certains, leur formation.
En revanche, on peut trouver une preuve de faiblesse et un signe de discrédit de notre institution universitaire dans le fait que le pouvoir réserve un quota de bourses, distribuées de façon informelle et népotique, aux enfants de la nomenklatura, pour qu’ils puissent étudier dans les universités occidentales.

M. H.


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