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contrechamp / ACTUALITÉS

Bouteflika : je n’y changerai rien

Dans son message du 1er Novembre, Bouteflika a voulu mettre fin à toute conjecture au sujet d’une possible interruption de mandat. Voilà qui est clair : “Le pouvoir se conquiert désormais aux échéances prévues par la Constitution, auprès du peuple souverain qui l'attribue par la voie des urnes, à la lumière de programmes concrets qui lui seront proposés.” Il ne se passera rien d’ici à avril 2019, en tout cas pas de son chef.
Le Président répond nettement à la suggestion d’organisation d’une période de gestion transitoire en vue d’un ordre nouveau. “L’ère des transitions est révolue en Algérie”, tranche-t-il. Comment en serait-il autrement puisque le  pays a accédé à un fonctionnement démocratique accompli. “La démocratie pluraliste et la liberté d’expression sont incontestablement des réalités bien établies”, nous rappelle-t-il, avant de nous faire remarquer que “nous (le pouvoir) en acceptons, même sereinement, quelques excès et quelques outrances, convaincus que le peuple observe et prononce chaque fois ses arbitrages souverains”.
À travers le tableau politique dressé par le chef de l’État, les Algériens semblent jouir de la démocratie et de la liberté d’expression jusqu’à l’abus devant une autorité qui, au lieu de réprimer, préfère les endurer et prendre l’opinion populaire à témoin de ces débordements libertaires et de la patience qu’il leur oppose !
C’est l’Algérie telle qu’elle aurait dû être, cinquante-cinq ans après son indépendance. Un peuple, qui a pâti du système colonial asservissant, de la dictature oppressante, de l’islamisme terrorisant, aurait pu avoir droit à une récréation politique pour savourer, rien qu’une heure durant, le bien-être de la citoyenneté. Au lieu de cela, sa vie politique est strictement scrupuleusement régentée : de la “sélection” arbitraire des candidats au trucage institutionnel du vote, en passant par l’interdiction de manifester, tout n’est que négation de sa liberté politique. Au lieu de cela, les télévisions ne sont tolérées que tant qu’elles remplissent le cahier des charges politique tacite de soutien au régime, les journaux subissent de subtils chantages économiques, la censure “technique” menace la presse électronique, la censure administrative traque l’expression des femmes et hommes de culture et les réseaux sociaux sont sous surveillance policière.
Dans cette Algérie “telle qu’elle aurait dû être”, l’entreprise reprend sa place d’“outil précieux créateur d’emplois, source de revenus et surtout source de richesses pour la collectivité”.
Le pays n’en serait pas à péricliter à la cent-soixante-sixième position du classement “Doing Business” si l’entreprise était traitée, non en  instrument d’enrichissement sélectif, mais en “outil” de création d’emplois et de richesses. Et si l’État avait consenti à “moderniser et décentraliser la gestion des affaires publiques, moderniser l’environnement de son économie y compris financier, et avancer dans la maîtrise des nouvelles technologies”.
Le message du Président ne fait que confirmer le recentrage stratégique qui fait de la corporation patronale alliée et du monopole syndical public les seuls vrais partenaires politiques du pouvoir. Le reste n’est qu’“animation du statu quo”. On ne change pas une équipe qui gagne.

M. H.


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