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contrechamp / ACTUALITÉS

Bouteflika, son message et son bilan

En plus d’un demi-siècle d’indépendance, les Algériens n’ont pas pu “s’affranchir de la dépendance démesurée aux hydrocarbures” et n’ont pas encore réussi “l’ancrage de la démocratie et la promotion du sens civique pour tirer le meilleur avantage de la diversité de nos opinions…”.
Le constat est dans le message présidentiel du 5 Juillet. On peut y ajouter qu’en vingt ans de règne de Bouteflika, durant lesquels les recettes de l’État ont été plus élevées que jamais, l’Algérie n’a pas avancé vers une économie plus diversifiée et plus productive et les droits politiques des Algériens ont, vertigineusement, reculé. Panne économique et régression politique sont liées. Dans l’histoire récente, on ne connaît pas de cas de réussite économique sans progrès politique. Et même lorsque des dictatures parviennent à concevoir des systèmes de production performants, ils s’avèrent d’une éphémère viabilité.
Si l’Algérie pouvait prétendre à un bond économique qualitatif, c’est bien en cette décennie 2000 et début 2010. Elle avait alors les moyens de soutenir une sortie douce du système rentier. Sans même que le pouvoir ait à concevoir, pour cela, une politique économique pertinente. En permettant une concurrence entre programmes économiques, simplement. Mais, comme le confirme le Président, il n’y a pas “l’ancrage de la démocratie et la promotion du sens civique pour tirer le meilleur avantage de la diversité de nos opinions…”
Le plus grave n’est pas dans une défaillance conceptuelle du régime en matière d’économie. Il n’est pas tenu de réussir. Il est, cependant, responsable d’avoir empêché, dans la durée, que d’autres conceptions, peut-être plus appropriées, puissent s’exprimer et, si possible, s’imposer. C’est cela qui pose problème. L’Algérie est soumise à un régime dont la pérennité est fondée sur l’idée qu’une vision alternative supérieure à la sienne est impossible. De ce postulat découle l’option pour un système rentier, c’est-à-dire un système où tous les moyens de l’État, en l’occurrence la rente pétrolière, sont engagés vers la seule finalité de faire perdurer le régime. Distribution sélective du patrimoine foncier et des privilèges de l’État, préséances et faveurs au profit des responsables et hauts cadres, système de retraite spécifique, gestion arbitraire des marchés publics au profit de la clientèle politique, surinvestissement dans une communication publique conçue comme une activité de propagande politique, suréquipement en moyens de répression, subventions et politique sociale populistes… Tout cela a alourdi le budget de l’État au point de le rendre insoutenable par une économie assainie, indépendante des ressources naturelles. Le pouvoir politique de la rente vient de la faiblesse de l’économie. Cette faiblesse de l’économie productive est sciemment et politiquement entretenue.
Maintenant, trop de forces vivent de cette dialectique “force de la rente/faiblesse de l’économie”. Ces forces soutiennent le “programme du Président”… indéfiniment. Et, naturellement, elles veulent que cela continue quoi qu’il en coûte. Un troisième, un quatrième, un cinquième mandat… à l’infini. Quitte à en arriver à organiser des cérémonials où le portrait du Président est entouré de tellement d’apparats et de protocoles qu’il donne l’impression d’avoir accédé au statut de personnage à part entière.


M. H.

 


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