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contrechamp / ACTUALITÉS

Ça n’arrive qu’aux autres ?

Le gouvernement s’est résolu à emprunter. La somme de neuf cents millions de dollars à la Banque africaine de développement pour débuter. En attendant d’autres emprunts que les quatre banques désignées par Sellal se chargeront de mettre en œuvre.
On le sait, et c’est le style de la maison, le pouvoir ne fait les choses que contraint et forcé. Et longtemps avant de les faire, il commence d’abord par démentir leur virtualité même. Cela vaut pour l’endettement extérieur ; cela a valu pour la privatisation des entreprises publiques ; cela vaudra pour la règle des 51/49, pour les subventions des produits alimentaires de base… Il pourra même alors aller plus loin que de raison, une fois que le tabou qu’il s’est lui-même infligé est levé, comme on peut le constater dans les prévisions d’augmentation  des taxes (TVA, taxes sur les transactions immobilières…) inscrites dans la loi de finances pour 2017.
Et même lorsque le prix du baril de pétrole a décroché pour entamer sa rapide chute en 2014, les dirigeants nationaux se sont figés dans une étrange posture d’imperturbabilité, entre assurance et sidération. L’insouciance, réelle ou… empruntée, de nos dirigeants économiques était aussi frappante que celle qu’ils affichaient depuis le début des années 2000 et de la longue embellie qui vient de prendre fin. “J’espère que les Algériens comprendront que cette crise ne touchera pas le développement du pays”, déclarait le Premier ministre, en décembre 2014, alors même que la décision de geler certains projets d’équipement était déjà prise.
Il est certain que notre gouvernement se croyait à l’abri des difficultés budgétaires du fait de ses deux cents milliards de dollars de réserves de change et des quelques dizaines de milliards du Fonds de péréquation. Des difficultés que certains pays exportateurs d’hydrocarbures commençaient pourtant à éprouver. Le Venezuela, en particulier. Et même si la structure des revenus de cet État subitement tombé en faillite ressemblait à celle du nôtre, nos gouvernants semblaient penser que “ça n’arrive qu’aux autres”. Pourtant, ce ne sont pas les alertes, justement basées sur le cas vénézuélien, qui ont manqué.
“Ça n’arrive qu’aux autres”, c’est le parfait faux principe qui sous-tend la stratégie de la fuite en avant. Même l’Arabie saoudite, une puissance pétrolière, capable d’influer sur le marché des hydrocarbures, aux réserves bien supérieures aux nôtres, s’empressa de se donner un plan de conversion économique, un vrai plan, pas une énigmatique “nouvelle politique” aux contours aussi flous que secrets. Dans sa fuite en avant continue, et tout en menant un processus budgétaire tâtonnant, notre pouvoir mise encore sur un hypothétique redressement du prix du baril obtenu par un plafonnement “diplomatique” de quotas de production nationaux ! D’où cette hésitation à entamer une franche rupture avec le modèle rentier.
Et quand, dans quelques mois, il passera à la phase planche à billets, il en sera encore à croire que “ça n’arrive qu’aux autres”.


M. H.


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Fraternity le 09/11/2016 à 10h52

Lorsque M. SELLAL élude avec véhémence le mot crise de son vocabulaire, il s'adresse à ceux qui possèdent le pays qui ne sont pas touchés par la crise. Pour conforter ses propos, il n'hésite pas à faire don avec l'accord de la bande de son excellence, de 12 MDA aux députés fraudeurs, pour les remercier des services accomplies pour son excellence. Quant aux autres, on leur demande de serrer la ceinture et on leur recommande de modérer leur consommation de lait et du yaourt, jugée trop élevé !!

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