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contrechamp / ACTUALITÉS

Campagne confidentielle et procès spectacle

“Le” procès a finalement débuté. Dans un format particulier. Public pour les avocats et les familles d’accusés et filmé pour la presse, les télévisions contraintes de filmer un écran. 

D’entrée, le débat, en évoquant quelques chiffres liés à ces premiers dossiers, donne un aperçu des énormes masses d’argent tripotées par la machine de déprédation mise en place par Bouteflika. Un système institutionnalisé de détournement a ainsi fonctionné, sans le moindre couac, durant deux longues décennies ! Les responsables étaient nommés, mis au repos, rappelés, dégommés, puis revenaient pour participer à la curée lorsque l’occasion leur en est offerte, puis retournaient se mettre en réserve de la bande lorsqu’ils tombaient en disgrâce dans l’attention d’une possible “réhabilitation”... Malgré ces éclipses, ces disgrâces répétées, malgré les mises au ban, la solidarité entre hommes et femmes du régime a fonctionné sans faille, et malgré les immenses préjudices infligés au pays, jusqu’au jour de février dernier où le peuple a soudain déferlé sur une secte jusque-là certaine de son invulnérabilité et convaincue de pouvoir poursuivre, sans risque, son œuvre de saccage national.
Ce procès n’est pas le procès du régime. C’est encore moins le procès du système qui a rendu possible l’avènement d’un tel régime. Il s’agit d’un procès dans le système, voire dans le régime.
Il a plutôt l’air d’avoir été programmé pour faire cortège à la campagne électorale en cours pour l’élection présidentielle refusée. Quelques faits indiquent, en effet, que les poursuites engagées contre certains dirigeants et dignitaires du régime de la corruption sont loin de compromettre sa pérennité. Ainsi, alors que leurs leaders sont emprisonnés ou jugés, les appareils de propagande et de corruption politique qu’ils ont parfois eux-mêmes perfectionnés, et d’autres fois créés, se sont lancés, d’abord discrètement, puis de plus en plus explicitement, dans la bataille pour la mise en œuvre de la feuille de route politique du pouvoir et pour contrer le mouvement populaire hostile à cette option.
Après que l’UGTA eût échoué à organiser une manifestation nationale de soutien à la solution électorale, ce fut au tour du FLN, du RND, de TAJ et du MPA de reconstituer, autour du candidat Mihoubi, l’alliance de gouvernement tacitement dissoute avec l’empêchement du cinquième mandat. 
Ainsi, au lieu d’un plan de rupture avec le système, le pouvoir a opté pour une relance du processus électoral interrompu par le soulèvement populaire pacifique. Dans cette perspective, la reddition de comptes de quelques responsables du gouvernement déchu et d’hommes d’affaires liés aux pratiques prédatrices de ce gouvernement, tout en faisant mine d’enfoncer un régime déjà condamné par le peuple, vient plutôt concourir à sa restauration programmée. Une espèce de procès d’expiation pour un nouveau départ avec le même régime expurgé de ses démons !
Un procès qui devrait compenser l’absurdité d’une campagne sans audience.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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