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contrechamp / ACTUALITÉS

Censure et culture

Le Salon du livre vient de baisser rideau. L’événement aura suscité une grande animation et une forte affluence.  
Le Sila fait partie de ces manifestations culturelles d’autopromotion qu’affectionnent les régimes autoritaires. Sans qu’ils aient à débourser autre chose qu’un budget, ces kermesses culturelles les aident à se confectionner une image d’ouverture. On y multiplie les invitations d’étrangers, des vedettes si possible, et aux couleurs politiques les plus variées si possible aussi.
Bien sûr, l’usage propagandiste d’une foire du livre ne lui enlève pas son intérêt éditorial, littéraire et éducationnel. Mais cette fonction originelle du salon n’a pas empêché le pouvoir de faire passer son penchant répressif avant le principe d’ouverture qui, en théorie, doit régir une telle activité. Il n’a pas pu résister au désir de représailles contre des intellectuels qui venaient de se prononcer pour l’application de la règle constitutionnelle d’empêchement à un Président qu’ils estiment n’être plus, au vu de son état de santé, en mesure de remplir l’entièreté de sa fonction.
La punition infligée au sociologue Aïssa Kadri et à l’historien Daho Djerbal, consistant à les déprogrammer d’une table ronde, n’est pas le seul cas de censure politique appliqué au cours de ce salon. Il est rapporté qu’un jeune écrivain, Anouar Rahmani, a vu son œuvre bannie de la manifestation, et que Soufiane Djilali, le leader du parti Jil Jadid, n’a pu présenter son livre.
Dans les semaines qui ont précédé le Sila, des interdictions ont été aussi prononcées à l’encontre d’activités programmées par des cafés littéraires par des administrations visiblement instruites à cet effet. Des mouvements citoyens, à Aokas et à Béjaïa notamment, les ont heureusement forcées à souffrir la reprise de cette animation culturelle. Plus tard, ce fut au tour du site d’information électronique TSA de subir une censure durable. Et selon la dernière information, la censure a encore emprunté la voie de l’injonction administrative tout en se cachant derrière le mystère du problème “technique”.
Justement, les effets culturels du progrès technique ont toujours constitué un casse-tête politique pour le régime. Quand on observe le sous-développement des télécoms, en 2017 encore, on mesure à quel point le pouvoir est partagé entre son inclination naturelle à censurer nos communications et la difficulté de résister à l’invasion civilisationnelle des TIC. Écartelé par le dilemme, il acquiert des techniques de transfert d’information qu’il étrangle ensuite du mieux qu’il peut. À l’heure de l’internet global, le retard accumulé par l’Algérie, malgré ses moyens financiers, n’a d’autre explication que cette conception policière de la gestion de la communication.
Le pouvoir, le régime actuel en particulier, n’a eu de cesse de combattre les effets du principe de liberté d’expression adopté au lendemain de la révolte. La presse écrite, premier bénéficiaire historique de ce progrès, a eu à éprouver toutes sortes de censure. Mais les actes de censure comme ceux évoqués ici ne sont qu’une des manifestations de l’hostilité politique à la libre expression de la société.
Autant que la censure, le contrôle politique de l’audiovisuel, l’interdiction des réunions et manifestations publiques, la fraude électorale, etc. procèdent de cette tâche d’étouffement national.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 07/11/2017 à 13h52

Des grands spectacles de propagande "culturelle" dont le régime est coutumier, c'est sa ma marque de présence; Pour se targuer une image d'ouverture,il a recourt à l'évènementiel: festivals, foires dites culturelles, colloques et séminaires à pensée unique. Quant au désert culturel de l'Algérie profonde, les bibliothèques et les librairies se comptent sur les doigts de la main, il est soustrait des regards. Il est vrai qu'il exprime la réalité des régimes incultes.

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