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contrechamp / ACTUALITÉS

Ces anonymes abus de pouvoir

Le ministre des Transports, en visite à Béjaïa, n’a pas pu répondre à la question sur le barrage opposé par le directeur du port à l’importation  d’équipements par Cevital.
Devant une telle situation, on hésite entre l’affliction et la compassion. C’est étrange, en effet, qu’un ministre, qui n’est en pouvoir ni d’amender ni d’endosser une décision d’un organisme relevant de sa tutelle, ne s’interroge pas sur sa réelle fonction ! Il y a quelque malaise de le voir battre en retraite devant les élus, les journalistes et les travailleurs et parler de route quand eux parlaient de port et de blocage. Mais comme l’arbitraire ne suit pas la voie hiérarchique, il se peut que le ministre ne soit pas partie prenante de la gestion de cette action d’obstruction politique qui vise le groupe Cevital. Cependant, il est clair que, associés ou non à la mise en œuvre de l’arbitraire, les “responsables” choisis consentent forcément à assumer la part d’abus que leurs instances auront à commettre.
C’est un aspect consubstantiel au système que de contraindre les institutions et leurs personnels à accomplir des actes irréguliers et injustes. Non pas servir la raison d’État, mais pour servir la raison du clan le plus souvent.
Même le président de l’Instance de surveillance des élections (Hiise) a fini par avouer son impuissance à assumer sa mission. “Nous n’avons pas les moyens de notre politique”, a-t-il lâché, avant-hier, à Bouira, avant d’ajouter : “Je le dis en toute honnêteté, nous sommes dépassés.” Et pour bien illustrer la vanité de ses efforts, il rapporte avoir transmis trente-huit procès-verbaux sur ce qui a entaché les dernières élections législatives à la justice sans en susciter la moindre réaction. Sans compter les rapports transmis à qui de droit. Il donne cette impression de lassitude devant ces silences qui équivalent à des “cause toujours, ce n’est pas parce qu’on a institutionnalisé la surveillance qu’on veut de la transparence !”
Pour revenir à l’obstruction organisée de Béjaïa, ce n’est tout de même pas pour servir le développement national qu’on a entrepris de saborder l’investissement du plus grand groupe du pays ! Le désir de favoriser un membre de l’oligarchie maison aurait dû s’estomper devant les dégâts économiques et sociaux que cela exige !
Mais non. En pleine crise l’Algérie s’offre le luxe de punir un entrepreneur qui n’a que le tort de ne pas partager la disponibilité clientéliste d’un forum oligarchique. Cette tendance qui à recourt aux représailles contre ceux qui expriment le moindre désaccord avec la norme totalitaire dominante est aussi une caractéristique du régime. Parce qu’ils avaient signé un appel pour une élection présidentielle anticipée, les intellectuels et chercheurs ont été rayés de la liste des participants à un forum sur… le colonialisme organisé dans la cadre du Salon international du livre d’Alger. Cela équivaut à un “fichage” politique qui fait de l’Algérie un sanctuaire de pratiques politico-policières éculées.
À l’heure où la réalité de la décision d’État est en question, il n’est pas rassurant d’assister à la multiplication d’ukases non signés ! Œuvre de décideurs ou de fondés de pouvoir informels, ce genre de dérives qui entament le prestige du pays et entravent son développement ont la forme inquiétante d’actes occultes propres à des régimes autoritaristes de triste mémoire.


M. H.


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