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contrechamp / ACTUALITÉS

C’est le pouvoir qui prolonge le hirak


La répression des manifestations va en s’accentuant. Les polices multiplient les arrestations de début de marches et innovent en stratagèmes de confinement et d’étouffement des manifestations. Là où il est possible de la faire, celles-ci sont littéralement empêchées.

Ces mesures, ajoutées au refus de libération des détenus d’opinion, à la pression exercée sur les journalistes de terrain et au maintien du contrôle autoritaire sur la presse audiovisuelle publique et privée, montrent que le pouvoir n’a pas de réponse politique à présenter au mouvement populaire. Après avoir constaté que la demi-réponse consistant en la mise en œuvre de l’article 102 n’était pas à la hauteur de la rupture revendiquée par les citoyens, le régime est tombé en panne politique.

Il a cru pouvoir faire illusion avec “l’élection” d’un nouveau Président. Même rejetée, l’option a été imposée. La campagne électorale et l’opération de vote elle-même se sont déroulées dans une ambiance délétère et marquée par le recours aux procédés les plus sordides déjà testés par le système dans le passé : remplissage de salles de meeting, montages télévisuels, arrestations d’opposants, appel aux baltaguia…

Sans pour autant obtenir quelque apparence de succès populaire pour l’option officielle. Le résultat en est qu’en principe, ce n’est plus l’autorité de fait née du soulèvement de février 2019 qui, aujourd’hui, a la charge de répondre à la revendication des manifestants. Cette responsabilité échoit, en théorie, au chef de l’État légal, issu de l’élection présidentielle, même largement rejetée. 

Or, en un mois de règne du nouveau Président, l’approche du mouvement populaire n’a en rien évolué. Sinon dans l’intensification de l’action répressive contre les militants et marcheurs et dans le maintien des entraves à la liberté de circulation et à la liberté de la presse et de la censure des médias publics et de chaînes de télévision privées. Pourtant, on ne peut pas dire que Tebboune découvre la situation du pays au moment où il en prend la tête.

On peut donc penser qu’il n’a pas d’autre solution à proposer que celle, engagée avant son “élection”, du passage en force contre la volonté populaire et dont il constitue un élément essentiel. Et ayant pris cette solution à son compte, il envisage de continuer dans la fuite en avant répressive du mouvement populaire, ponctuée d’opérations marketing, tel ce programme de rencontres politiques et médiatiques.

Celles-ci visent peut-être à “débaucher” des leaders politiques et d’opinion acquis à la légitimité des revendications populaires et à lui confectionner une image de conciliation. à moins que la question du traitement de la revendication du hirak ne lui échappe ou, tout au moins, qu’il n’en ait pas l’entier apanage.

Mais, indépendamment de la source de la décision politique nationale, on ne peut pas dire que le régime ait pris la mesure du mouvement qui agite la société. Sinon, il ne se serait pas contenté de lui proposer ce marché : là où le peuple exige un changement de système, il lui propose un changement de président.

Condamnant ainsi le pays à passer par une démonstration prolongée et coûteuse de l’irréversibilité de mouvement pour la rupture systémique.

 

 

 

 

 

 


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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