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contrechamp / ACTUALITÉS

C’est parti pour durer

Dans la chronique d’avant-hier, nous observions que le gouvernement était déjà entré en campagne et présumions que son activité sera désormais inspirée par la mission de promotion du cinquième mandat.
Avec le message adressé hier aux travailleurs, mais destinés à tous, le Président s’est, à son tour, engagé dans son processus de réélection. Et comme pour confirmer que le FLN n’a rien inventé en termes de mot d’ordre pour la campagne 2019, le chef de l’Etat a lui aussi déroulé, dans sa missive, l’argument des “réalisations”. Montrant qu’il ne compte pas se laisser contester la réussite de son interminable règne, il proclame d’emblée que “nul ne peut, aussi ingrat et aussi injuste soit-il, nier les réalisations de l’Algérie, ces deux dernières décennies, dans tous les domaines du développement et de réformes”. Le ton du texte est péremptoire : il faut être plus qu’ingrat et injuste pour contester la réalité des “réalisations”. Il énumère de multiples domaines où le Président a fait faire des progrès au pays et aux Algériens. A commencer par les droits de l’Homme ! Pour la circonstance, le secrétaire général de l’UGTA a immédiatement réagi pour rappeler le choix des travailleurs pour la continuité et les informer qu’il a déjà remis la “motion spéciale” pour le cinquième mandat à Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et représentant du Président.
Il faut rappeler que Bouteflika a déjà entrepris une première action de campagne, il y a plus de trois semaines. Mais, loin de susciter l’enthousiasme, sa petite tournée algéroise a eu pour effet de jeter un malaise parmi les citoyens présents, mais tenus à distance du Président et de sa suite, comme parmi ceux qui ont regardé les images télédiffusées de cette sortie. A moins que son état ne s’améliore sensiblement à l’avenir, les préposés à la communication présidentielle ne sont pas près de rééditer l’expérience. Le public devra se satisfaire de la communication épistolaire qui, par sa régularité, commence à s’imposer à lui comme mode d’expression de l’autorité suprême.
Maintenant que les principaux appareils de propagande, le FLN, les syndicaux ouvriers et patronaux “organiques” et le RND, qui soutient sans appeler, sont en ordre de marche et que Bouteflika laisse transparaître son option pour la continuité, le dispositif, institutions d’Etat comprises, ne manquera de s’emballer pour une année d’intense animation. Le propos sera d’imposer, par un matraquage politique et médiatique soutenu, l’idée d’une double décennie d’édification et de construction, de développement, de progrès social et de promotion des droits et libertés… Et puisque l’examinateur est l’examiné, on peut gager que la copie sera parfaitement notée. On oubliera surtout de noter que vingt ans de règne, c’est soit une monarchie, soit une dictature ; on omettra de considérer le bilan économique et social au regard des ressources dilapidées ; on évitera de mesurer le niveau de régression cultuelle que l’alliance avec l’islamisme a infligé au pays ; on évitera de constater la décadence morale imposée à une société contrainte de banaliser la rapine et la corruption.
C’est d’ailleurs cette décrépitude politique et morale qui va assurer la continuité populairement consentie.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 02/05/2018 à 13h19

On oubliera pas le partage inéquitable des richesses; 10% de la population détiennent plus de 23% de richesses, selon la banque mondiale. Nous n'oublions que nos citoyens malades,faute de soins et de suivi médical dans des hôpitaux mouroirs meurent. N'oublions pas que la population la plus démunie consacre la moitié de son salaire pour se nourrir et se lève tôt le matin, pour un sachet de lait. Tandis que la puissance régionale consacre plus de dépenses militaires, soit plus de 8% de PIB

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