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contrechamp / ACTUALITÉS

Cevital, le témoin gênant

En économie de marché, l’entreprise est l’instrument par lequel se réalise le profit. Le profit est la motivation première de l’acte d’entreprendre. Mais, dans son activité, l’entrepreneur peut, sans perdre de vue l’impératif de rentabilité, condition de survie de la firme, se donner d’autres buts : participer au progrès social, défendre l’environnement…
Dans une économie d’État, la motivation économique de l’entrepreneur est remplacée par des mécanismes d’orientation administrative du comportement des cadres et travailleurs dans le sens des objectifs assignés à l’entreprise par le pouvoir : production, emploi, développement local… et, éventuellement, rentabilité.
Dans ce cas, la rentabilité est souvent reléguée au second plan par les priorités politiques et sociales… jusqu’à la faillite économique du système. Comme ce fut le cas, au début des années 1990, dans les pays du bloc soviétique et dans les pays du tiers-monde qui les mimaient. Parvenus aux limites de leur doctrine, ces États, pour ne plus s’imposer des dépenses à perte, durent adopter le système où l’entreprise se soumet à la sanction du marché.
Mais dans certains pays à rente, comme l’Algérie, ce dirigisme économique a survécu à sa faillite. Ces États ont délibérément pris l’option de financer la faillite structurelle durable. L’argument réside toujours dans la fonction “stratégique”, “souverainiste” ou sociale de ces firmes. L’Algérie ne s’est pas contentée de perfuser des entreprises publiques en faillite recommencée ; à un moment donné, devant l’abondance rentière, elle a créé des entreprises privées à perfuser. Et pas seulement dans la limite de leur besoin de survie, comme pour les entreprises publiques ; elle s’est attachée à leur assurer un haut niveau de “rentabilité” !
Là, le but du jeu n’est pas économique. Il vise à transférer la rente publique vers des intérêts privés choisis à travers une “tuyauterie” qui ferait ressembler ce “virement de rente” à l’effet financier d’une œuvre économique. Le gré à gré sert à leur orienter des projets publics dont l’évaluation est telle qu’elle les dispense d’efficacité technique et économique. En cas d’appel à la concurrence, l’entreprise privilégiée peut jouer au moins-disant : les réévaluations feront le reste. D’autres subterfuges y sont éprouvés…
Ici se constate la convergence de l’argent et de la politique qui, ces dernières années, a confisqué l’économie du pays ! Dans ce système oligarchique, c’est le pouvoir qui désigne les “entrepreneurs” élus à la “réussite”. Et les deux parties fonctionnent dans un rapport d’acolytes.
Il arrive cependant que des entreprises performent sans entrer dans ce jeu de coterie. Juste par l’effet de l’effort, de la pertinence des politiques de gestion et de la rigueur managériale. Le régime ne voit pas alors en elles des firmes économiquement et socialement utiles, mais des entreprises subversives en ce qu’elles constituent des témoins vivants de la déficience de son système de gestion de l’économie nationale. Cevital se distingue parmi ces entreprises qui commettent le tort de réussir et de servir l’économie, sans y être autorisées ni parrainées. Ce qui lui vaut cet acharnement politique qui a transformé, à son encontre exclusive, des services publics en infranchissables obstacles.


M. H.


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