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contrechamp / ACTUALITÉS

Changer le régime, c’est d’abord nous changer

Médias et experts nous alarment de ce que les réserves de changes ont périclité, passant “sous la barre des quatre-vingts milliards de dollars”. 
Il paraît que, faute d’une reprise haussière du prix du baril, les caisses continueront à se vider, vouant les cinquante millions d’habitants que l’Algérie comptera d’ici à 2050 à une précarité sociale certaine. À croire que les  Algériens mettent plus d’énergie à se reproduire qu’à produire…
Le constat du péril économico-démographique étant établi, la question s’impose : que faire ? Doit-on rappeler Bouteflika et Ouyahia parce que durant leur règne, il y avait de l’argent, et quand il y en a moins, ils en impriment ?
C’est d’ailleurs cette abondance réelle ou virtuelle qui fonde notre attachement prolongé à leur régime. Un attachement par passivité, disons, à un pouvoir qui nous procurait une espèce d’assurance alimentaire due à la nature, mais qu’on croyait lui devoir. 
Si on semble écouter les Cassandre d’aujourd’hui, on a longtemps ignoré celles d’hier qui, vingt ans durant, annonçaient l’inévitable désastre. Depuis 2014, et passé les années d’insouciance complaisante, tout un peuple a fini par verser dans la science financière et n’avait plus d’yeux que pour le bulletin trimestriel de la Banque d’Algérie. Pendant toutes les années de silence de Bouteflika, la publication faisait office de discours à la nation.
Nous en avions oublié la question qui commençait à faire le procès économique du régime : où sont passés les mille milliards de dollars ? Question facile d’ailleurs : on les a vus passer dans les marchés publics de complaisance, dans les projets réévalués pour cause de rétrocommissions, dans les factures d’importations gonflées pour les besoins des transferts illicites, dans les exonérations fiscales mafieuses et simplement dans les détournements impunis du personnel du régime… 
Mais on les a aussi vus passer dans les produits de consommation subventionnés, dans le pain que nous jetons par tonnes, dans l’eau sous-évaluée que nous gaspillons avec mépris,  dans l’électricité que nous ne savons pas encore économiser, dans l’essence que nous brûlons parfois pour “défiler” ou pour “faire un tour”… On les a vus passer dans certaines de nos fiches de paie honorée par le Trésor sans que l’on ait eu à travailler et dans cette course aux fonctions prêtant à la concussion : si on ne peut pas être ministre ou wali pour pouvoir voler… de ses propres ailes, pour ainsi dire, on veut être son chauffeur ou garde du corps pour voler, même un peu, en son nom.
La corruption sociale a soutenu la corruption politique. On ne parle pas la bouche pleine, fût-ce de restes.Espérons que si nous avons voulu changer de régime, c’est parce que nous avons nous-mêmes changé. Parce que nous comptons nous libérer des réserves de changes alimentées par un pétrole aléatoire et de l’assistanat corrupteur. Parce que nous comptons travailler, investir et payer nos impôts. Parce nous comptons vivre de nos efforts.
L’injustice sociale est un des éléments déclencheurs du soulèvement national. Il n’y a qu’une manière de l’éradiquer, sortir le pays de la malédiction rentière. Et s’en remettre aux seules vraies réserves de changes durables :  le développement.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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