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contrechamp / ACTUALITÉS

Changer le régime,c’est nous changer

Depuis le début de cette révolution populaire, on l’a cherché. On l’a cherché dans les tenues des manifestants, dans leurs slogans, dans les prières de rue… Mais on ne le trouvait pas. Pas dans l’apparence qu’on lui connaît, velu et fulminant, en tout cas.
Jusqu’au jour où, du côté de la Fac centrale, un groupe de femmes ont exhibé des pancartes réclamant leurs droits reniés. Pour débusquer un islamiste, rien de plus efficace qu’une femme qui réclame son humanité.
On pouvait alors lire les places réservées dont l’islamisme bénéficie dans notre société, malgré une guerre et plusieurs printemps. On pouvait le lire dans le “ce n’est pas le moment” par lequel les hommes veulent faire taire des femmes qu’ils disent comprendre. Pourtant, c’est dès maintenant que chacun doit savoir de quelle république veut accoucher cette révolution ?

Pendant vingt ans, Bouteflika s’est évertué à réunir, tous les 8 mars, les préférées du régime pour faire l’éloge de l’Algérienne et de sa contribution utile à toutes les étapes de l’histoire nationale tout en leur expliquant qu’il ne pouvait pas “mécontenter Dieu” pour répondre à leurs revendications. Pourtant le code de la famille et l’article 2 de la Constitution (l’islam est “la” religion de l’État) ont constitué les principaux gages que le pouvoir a fournis aux islamistes en dot pour la réconciliation stratégique qui unit le régime et l’islamisme, une réconciliation politique qu’on a habilement habillée d’une finalité sécuritaire.C’est à cause de ce pacte que le pouvoir et les islamistes ont été pris au dépourvu par la révolution du 22 février. Le pouvoir, parce qu’il était convaincu que seul l’islamisme peut mobiliser pour un soulèvement politique. Et l’islamisme, parce qu’il n’était pas pressé de voir la fin du régime Bouteflika ; celui-ci, à travers son école, ses mosquées, “ses” télévisions privées, son bigotisme d’État, et surtout à travers la répression de l’expression, des partis et idées démocratiques, des associations et mouvements citoyens, travaillait pour le projet islamiste !
D’où ce mouvement à grande échelle tire-t-il son caractère pacifiste et libertaire qui a subitement jailli d’une société prise en tenailles entre une idéologie de régression et un pouvoir liberticide et tout aussi manipulateur de la religion ? 
C’est que la société s’est lentement et furtivement émancipée de la pensée magique distillée par l’activisme religieux et du discours manipulateur du pouvoir. Le discrédit des uns et des autres à la même cause : la contradiction de leur moralisme affiché avec leur pratique partagée de l’affairisme et de la prévarication.  
Dans la formation de leurs projets personnels, les plus jeunes ont, depuis quelque temps, les moyens de s’inspirer de la quête universelle pour une vie et un monde meilleurs. Ni le régime corrompu de Bouteflika ni l’islamisme passéiste de diverses obédiences ne peuvent servir cette aspiration. 
Mais si les intérêts claniques et idéologiques battent en retraite, c’est parce que l’ampleur du mouvement libérateur décourage la contre-offensive. Mais, de vendredi en vendredi, ce mouvement est testé dans sa consistance.
Comme société libre, le temps de cette révolution, nous changerons ou nous périrons.

 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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