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CHANGER LE SYSTÈME DE L’INTÉRIEUR ?


Depuis qu’il est question d’élections législatives, il se répand une drôle de devise : “Réaliser le changement de l’intérieur”.  D’abord, ses  promoteurs n’osent pas nous dire ce qui doit changer justement.
Si c’est le système, il faudrait  nous  expliquer  comment  des députés, n’ayant constitutionnellement qu’une fonction formelle, vont s’y prendre pour changer le système qui est un tout, sans parties indépendantes.
Cet argument semble avoir été créé par celles et ceux qui, après avoir pris part au mouvement populaire pour le changement de système, ont mis fin à leur participation au Hirak pour postuler à des sièges de député. À moins qu’il n’ait été inventé à leur intention. La formule fait justification et… programme en même temps.
Au bout de deux ans de manifestations, le mouvement populaire a commencé à perdre en mobilisation, enregistrant beaucoup de défections dont les motifs sont aussi divers que la lassitude, le doute, l’avidité, l’évolution des convictions individuelles et même, parfois, le sentiment sincère que le mouvement a accompli sa mission…
Mais celui-ci continue à exister et à opérer comme un mouvement de fond qui réglera le rythme de vie politique du pays pour très longtemps encore. Ce qui structure justement ce souffle profond, d’envergure sociétale et de portée historique, c’est la conviction fortement intégrée et largement partagée par les Algériens que le système qui les enserre n’est pas amendable de l’intérieur ! Si c’était le cas, Février 2019 n’aurait jamais eu lieu, n’aurait jamais eu besoin d’avoir lieu. 
Car, enfin, qu’est-ce que les Algériens ont fait d’autre, depuis 1989, que d’essayer de “changer le système de l’intérieur” ? Les trente ans d’arnaque du multipartisme, de “révolution démocratique” sous tutelle du système, ce n’est que cela ! Vous pouvez créer des partis en veux-tu en voilà, vous pouvez prôner la démocratie et son contraire, vous pouvez vous porter candidat à tout… Le risque d’écroulement islamiste que le pouvoir a fait courir au pays… Le nombre de rigolos qui lui ont servi d’“hommes politiques” de pacotille et d’“opposants” de foire… Mais Zeroual arrive, crée le RND et trois mois plus tard, il décroche la majorité absolue à l’Assemblée nationale ! Bouteflika est rappelé et il redonne la majorité de l’APN au FLN et la présidence du Sénat à… Messaâdia ! Un vrai franc pied-de-nez au 5 Octobre !
Pendant trente ans, des partis et leurs dirigeants ont expliqué à leurs militants et électeurs qu’ils allaient à l’Assemblée, et même au gouvernement, pour changer “les choses”, n’osant pas toujours dire le système, de l’intérieur ! Bilan : plus on avançait en… “démocratie”, plus le pouvoir gagnait en tyrannie, la morale d’État en libertinage, et les institutions en déliquescence !
En 2000, Bouteflika a commencé par associer sept ou six partis de l’“opposition” au FLN et au RND ; à la fin de son règne, il figurait le parfait potentat absolutiste et nos malins “entristes”, au lieu de changer le système, ont changé, eux !
Une dictature ne se change pas de l’intérieur. Sinon c’est un putsch. Dans les systèmes, de toute nature, l’évolution n’est pas un long fleuve tranquille ; elle se fait par… ruptures.
 

M. H.
[email protected]


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