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contrechamp / ACTUALITÉS

Contre-révolution islamo-baâthiste

Durant un siècle, la crise identitaire a altéré la marche de l’Algérie vers son indépendance et a  affecté ses choix idéologique et stratégique au lendemain de sa libération.
Ces dernières décennies, la longue lutte pour la réhabilitation de l’histoire et de l’identité nationales a abouti à de réelles avancées, comme le principe de l’enseignement de tamazight, son statut de langue nationale et officielle et la réhabilitation légale de Yennayer.
La révolution en cours pour une République libérée de l’autoritarisme et de la prévarication a cependant permis de vérifier la précarité de ces acquis. Elle a été aussi l’occasion de constater que des forces idéologiques s’efforcent encore à maintenir l’Algérie dans le statut mystifiant de succursale géopolitique et culturelle arabo-islamique. On a pu observer les difficultés qu’elles ont à contenir leur contrariété devant la vitalité et la pluralité culturelles exprimées au cours de ce soulèvement pacifique. 
Il n’est pas possible, en effet, de mettre la manière dans la défense d’une cause qui se résume à vouloir imposer un déni d’histoire et de réalité ! Les assauts littéralement racistes de Naïma Salhi sont l’illustration caricaturale du malaise de cerveaux désespérément enchaînés à des mirages idéologiques. 
D’invraisemblables subterfuges sont osés pour  détourner le peuple de sa propre revendication : la réappropriation de sa souveraineté et donc son émancipation de toute tutelle politique, idéologique ou géopolitique. Ainsi, la présence soutenue de l’emblème identitaire amazigh a, un moment, fait polémique, et certains n’ont pas trouvé mieux pour exprimer leur hostilité à la présence de cet étendard que de lui trouver un “concurrent” dans le drapeau… palestinien ! 
Mais la palme reviendra certainement à l’équipe de pyromanes de l’Éducation nationale qui sont allés déterrer un texte écrit en 1955 par Fodil El-Ouartilani, un “frère musulman” et militant du panarabisme patenté, à l’intention d’un public moyen-oriental, pour le proposer, en 2019, au commentaire des candidats au baccalauréat ! Le passage soumis à leur appréciation constitue, en fait, un manifeste idéologique qui défend l’exclusivité arabo-musulmane de l’identité algérienne et est donc de nature à perturber des adolescents qui, pour la plupart, vivent sereinement la réappropriation, même encore contrariée, de leur ancrage géographique et historique.  Il y a là au minimum une volonté de provocation ou d’atteinte à l’enthousiasme de garçons et de filles concourant à un examen déterminant pour leur avenir.
Le fait que cette embuscade idéologique organisée en plein examen national fût possible montre que les autres manœuvres, qui jalonnent le mouvement populaire, n’ont rien d’innocent. Ainsi, par exemple, l’intrusion des mots d’ordre idéologiquement suggestifs, comme “badissia” ou “novembria”, n’a rien de fortuit. 
Ni les prérequis islamistes que la feuille de route de la prétendue “société civile” tente d’imposer à la future autorité de transition. 
La contre-révolution conservatrice et régressive est en action ; elle s’emploie méthodiquement à miner la révolution politique et morale en cours.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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