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contrechamp / ACTUALITÉS

Corruption et réalisations

Au moment où les forces de soutien au 5e mandat prennent position pour forcer le résultat de “l’élection” du 18 avril, Transparency International est venue leur rappeler, à travers son classement IPC (indice de perception de la corruption), la performance reconnue du régime en matière de corruption.
Cela fait plusieurs années que l’Algérie tient son rang avec une remarquable “stabilité”, pour reprendre le mot-slogan dans la bouche de tous les discoureurs officiels. Bon an, mal an, elle oscille entre la 105e et la 112e position sur quelque 180 pays classés.
Cet état de fait découle directement du choix du pouvoir pour une méthode de fidélisation politique fondée sur la contrepartie matérielle de l’alliance. En premier, il a institué des voies formelles d’accéder à la rançon de l’allégeance : les positions de rente dans les structures de l’État, les fonctions à privilèges exorbitants, les marchés publics octroyés sur le mode du gré à gré... Mais il en existe aussi de moins codifiées, comme celles touchant aux activités réservées, protégées par une multitude d’agréments et de licences, ou concernant les attributions et concessions arbitraires de patrimoines immobiliers et fonciers…
Avec la banalisation inédite de l’usage politique autoritaire de la rente, les bénéficiaires de ces avantages qui, pour être souvent légaux n’en sont pas moins abusifs, intègrent alors naturellement le fait qu’ils doivent ces largesses de l’État à leur attitude politique ! De là à prendre le raccourci de retour — celui qui érige en norme le “droit”, pour chaque allié, de se servir en compensation de sa contribution à “la stabilité du régime” —, certains d’entre eux n’ont pas hésité. Ce qui explique l’image internationalement et moralement dégradée du pays. Même si les scandales qui ont émaillé la longue embellie pétrolière n’ont pas toujours connu les suites judiciaires qu’ils méritent.
Ils ont donné lieu à bien plus de procès pour…diffamation que de poursuites pour détournement et corruption. Au vu du classement de l’Algérie dans le club des pays à forte corruption, le fléau endémique semble perdurer malgré l’amenuisement de la rente.
Cette dégénérescence morale, en faisant dépendre la décision politique et administrative de son effet concussionnaire, dépouille la gouvernance de toute rationalité stratégique, politique, économique, etc. Les décisions sont déconnectées de leurs finalités théoriques ; elles se justifient parfois par
leurs seuls effets rentiers.
Comme dans le cas de “l’industrie”
automobile.
Si le pouvoir maintient un Smig de gestion de l’intérêt national et du service public, c’est pour mieux servir les coteries affairistes et les forces prévaricatrices sur lesquelles il s’appuie.
Devant le désastre, il tente de compenser par un discours incantatoire sur une “lutte contre la corruption” qui s’avère sans suite, comme en témoignent les dissolutions successives des instances créées à cet effet. Il peut même élargir le champ d’intervention de cette stratégie du soudoiement à la masse en associant de larges catégories sociopolitiques au culte de la rente et à la culture de la rapine.
Mais, pour les besoins de la campagne, c’est de ces “réalisations” de couverture à un régime de prébende, qu’on va inviter à débattre.


M. H.


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