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contrechamp / ACTUALITÉS

Crise… aiguë


Le 37e vendredi a tenu ses promesses. Après avoir marqué, la veille au soir, l’anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération par différentes actions publiques, le peuple est sorti massivement pour exprimer, en ce 1er novembre, son rejet de l’élection présidentielle et son attachement à une transition de rupture.
Après cette manifestation millionnaire, le pouvoir va-t-il infléchir son attitude dans le sens d’une prise en charge de la volonté populaire prédominante ou bien persistera-t-il dans la dénégation de l’effectivité de cette revendication ?
La veille des manifestations historiques, de ce qu’on appelle déjà le second premier novembre, le chef de l’état par intérim avait délivré un message qui n’évoque le rejet populaire de l’élection que pour mettre en garde ceux qui utiliseraient leur “liberté de manifester” à “attenter au droit de l’autre à l’exercice de ses libertés et à l’expression de sa volonté à la participation au scrutin”, d’une part, et pour rappeler “l’obligation de préserver l’ordre public”, d’autre part. Des risques qui ne semblent pourtant pas être à l’ordre du jour quand on observe à quel point l’esprit de pacifisme a imprégné le hirak, en dépit des entraves à la libre circulation et au droit de réunion et malgré la répression. 
Le lendemain de ces grandioses manifestations, et hasard de calendrier, les autorités ont répondu à la mobilisation citoyenne par la publication de la liste des candidats retenus pour concourir à l’élection du 12 décembre. Une symbolique de la sourde oreille que le régime réserve, depuis quelques mois, aux appels du peuple en mouvement. Les profils des prétendants achèvent de désespérer les Algériens de toute évolution politique du pays !
Cette stratégie du déni est contreproductive : on peut ignorer la réalité des faits pour un temps, mais pas les abolir. 
Pour imposer sa vision, le régime sera contraint d’amplifier sa répression. Vainement d’ailleurs, parce que le hirak n’a, par nature, pas de leaders même s’il fait, à l’occasion, émerger quelques figures. Un tel mouvement à fonctionnement informel, horizontal et anarchique, au sens politique du terme, ne peut pas être réduit parce qu’on l’aurait “décapité”. Il n’a pas de tête ; elle est disséminée dans des millions de têtes.
De plus, à un certain niveau d’exacerbation d’une crise, l’attitude consistant à s’arc-bouter pour faire valoir sa force répressive plutôt que sa capacité d’écoute n’est pas politiquement efficace. Surtout si cette crise met en jeu un choix de philosophie politique. Il n’est alors plus question du maintien ou du détrônement d’une équipe de gouvernement, mais de l’adoption d’un système de gouvernement ou d’un autre. Là, la responsabilité consiste à préserver la  société de toute la logique de confrontation. 
Pour l’exemple, la crise qui, simultanément et corrélativement, secoue l’institution judiciaire est affectée par le même réflexe de raidissement politique qui, comme on le voit, tend à porter la tension à son comble. Le hirak est venu résoudre l’impasse politique dans laquelle le système a poussé le pays ; en contrariant son mouvement, le pouvoir a aiguisé cette même crise. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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