Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Crise sanitaire et communication politique


Est-ce utile de scénariser un simulacre d’émission spéciale mettant en scène, au prétexte de quelques mesures de gestion de la crise sanitaire, un Président en mal de popularité et des figurants se forçant à jouer les intervieweurs à coups de questions préconçues ? 
Ce n’est certainement pas en usant d’une telle communication totalitaire qu’on arrivera à dissimuler les réelles conditions et les réels effets de la collision actuelle entre un système de santé sous-structuré et sous-équipé et virus ravageur. Cette manière de vouloir délivrer un message achevé, indiscutable, en utilisant des questionneurs maison pour ne pas donner prise au droit de relance et de critique, débouche sur le résultat suivant : les téléspectateurs se sont plus attardés sur la forme que sur les formes comme le montrent les commentaires émis à travers les réseaux sociaux. De la contre-communication ! Un simple communiqué aurait peut-être fait l’affaire, comme ce fut le cas, hier, pour la décision de grâce, certainement bienvenue pour la circonstance, au profit de plus cinq mille prisonniers. Depuis l’avènement de la menace virale, Tebboune et son gouvernement s’échinent à convaincre que “la situation est sous contrôle”. Mais conformément à la tradition politique dans le système algérien, ils croient toujours donner l’impression de “contrôler la situation” rien qu’en contrôlant la communication. 
Or, l’aveu d’impuissance est justement dans le verrouillage décrété de l’information. La censure c’est le réflexe d’un pouvoir qui appréhende les déconvenues de sa gestion et qui se prépare d’avance à les maquiller.
Pourtant, tout au long du mouvement populaire,  le régime a eu à éprouver l’inefficacité politique du totalitarisme médiatique. C’est l’impuissance du contrôle de l’information à changer la réalité qui a conduit le pouvoir à assumer une répression policière et judiciaire du peu de presse libre qui subsiste. D’ailleurs sans parvenir à étouffer la communication populaire, toujours vivace, autour du hirak. Le seul résultat palpable de ce choix c’est ce niveau inédit de misère communicationnelle auquel nous sommes parvenus. 
La méthode est d’ailleurs contreproductive même en termes de comportement de la société : c’est de proclamer la “situation sous contrôle” qui a conduit, des citoyens, peut-être plus rassurés que de raison, à ignorer les règles de prudence que l’Etat s’égosille à diffuser. Ainsi, l’image de foules en délire autour d’un camion de pommes de terre à Ouled Yaïch ne peut pas corroborer cette idée de “situation sous contrôle”. Et les vidéos et des déclarations de soignants angoissés, parfois en larmes, se télescopant sur les réseaux sociaux, la démentent encore plus.  Il faut dire que la société n’est malheureusement pas en capacité de respecter un code de conduite commun, en tout cas pas la société dans son intégralité. Ce comportement, avatar culturel des manipulations politiques passées, est dangereux et oblige donc les autorités à un plus grand engagement pour le “contrôle de la situation”. L’heure est, en effet, à tout faire pour contenir le fléau, pas à essayer de redessiner l’image d’un pouvoir qui, de toute manière, porte définitivement les stigmates de son illégitimité originelle.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER