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contrechamp / ACTUALITÉS

De la répression en politique


Le chef d’état-major multiplie les mises en garde contre les adversaires de l’option électorale. Régulièrement, un nouveau type d’“ennemis” du peuple ou de l’Algérie est désigné à sa vindicte. “Quiconque tentera d’entraver ce processus nuira à sa propre personne”, vient-il de récapituler.
Si les avertissements se multiplient, leurs sources se diversifient aussi : tour à tour, les membres de l’ANIE et le ministre de la Justice reprennent à leur compte le discours de la menace. 
Plus aucun signe d’opposition à la feuille de route officielle n’est toléré. Et les avis contraires qui s’expriment sont voués à être punis. En fait, la répression ne fait que s’intensifier ; elle a débuté dès que le pouvoir a constaté l’opposition du mouvement populaire au processus intérimaire qui devait être clôturé par l’élection présidentielle du 4 juillet. Diverses mesures visant à entraver les déplacements et les rassemblements de citoyens, ainsi que les réunions de citoyens, d’associations et de partis ont été alors décidées. Et les premières arrestations de manifestants pour port de l’emblème amazigh ont été opérées dès le 21 juin ! 
Dans un premier temps, le pouvoir a très probablement misé sur un épuisement “naturel” du mouvement. Mais ni les contraintes objectives, comme le ramadhan, la chaleur ou les vacances, ni les mesures d’étouffement des manifestations, comme les barrages filtrants et l’occupation par la police des espaces de prédilection du hirak, à Alger en particulier, n’ont réussi à affaiblir la mobilisation.
La difficulté, pour le pouvoir, réside dans l’inefficacité d’une répression qui, frappant des individus, reste sans incidence notable sur un mouvement qui, dès le départ, s’était départi de tout leadership. Des figures ont pu émerger en cours de mouvement, mais elles ne semblent pas être d’une influence décisive sur l’orientation, l’expression et la résolution des foules engagées dans le hirak ! Ils peuvent en exprimer l’âme, mais pas la transformer. 
L’erreur stratégique a consisté à vouloir contenir les manifestations en réprimant des soi-disant meneurs, harangueurs ou leaders du hirak, alors que ce mouvement se présente clairement comme un phénomène à fonctionnement strictement horizontal et dont l’inspiration émane d’une cérébralité diffuse, mais sagace, de la masse. Cette répression a même constitué un élément de raffermissement de la solidarité et de la cohésion des manifestants en même temps qu’un motif de persévérance. 
Ce déni de consistance populaire et révolutionnaire du mouvement rend concevable ce choix autoritaire et répressif qui fait loi aujourd’hui. Le problème est qu’avec la pratique, et devant l’inefficacité politique de la réponse policière et judiciaire, la répression est condamnée à s’amplifier. Ainsi, on est arrivé à envisager l’interdiction de la critique et le débat intellectuel autour du choix officiel ! Parce que “la détermination des hommes intègres de la patrie à aller de l’avant pour réaliser les nobles objectifs nationaux du peuple algérien ne peut faire l’objet de polémique ni de controverse creuse et stérile”.
Une telle perspective a de quoi inquiéter : historiquement, les plus graves dérives autoritaires ont été la conséquence de fuites en avant répressives.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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