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contrechamp / ACTUALITÉS

De la rupture à la réconciliation générationnelle

Le pouvoir, s’il continue à manœuvrer, c’est dans sa nature, mais c’est aussi parce qu’il a des difficultés à assimiler la nature du mouvement qui s’exprime.
Pourtant, quelques caractéristiques le distinguèrent d’entrée : la dominante jeune des foules qu’il mobilise, la concision de sa revendication, même si elle se décline en multiples slogans, l’option consciente et partagée pour l’action pacifique et l’évidente détermination des manifestants à aller au bout de la cause. Si ce pouvoir avait su percevoir ces signes, il aurait aisément saisi qu’une entreprise d’envergure nationale, armée de tels attributs, ne peut être contrée par les moyens de répression politique classiques et familiers à notre système : le discours de la peur, l’usage de la menace et le recours à la manœuvre politique.
Le système jouit, certes, d’une longue expérience dans l’étouffement et l’écrasement des révoltes populaires et a, pour cela, développé une panoplie d’instruments servant à contenir les mouvements politiques et sociaux : gestion par le pourrissement, répression sélective ou massive des activistes, corruption des leaders...  Même dans ses scénarios les plus alarmistes, il n’a peut-être jamais formé l’hypothèse d’une insurrection à ce point résolue, pacifique et massive. Il sait bâillonner les voix qui, dans la société et dans la classe politique, le dérangent : interdiction leur est faite de disposer des espaces publics, profusion de journaux “privés” financés par l’Etat pour submerger le résidu de presse insoumise, ribambelle de chaînes de télévision “privées”
dédiées à la seule promotion du
régime…
Mais il n’a pas vu mûrir une génération “réseaux sociaux” qui, en grandissant, découvrait son époque à travers des voies de communication incensurables. Une génération qui ne doit rien, dans sa formation mentale, à l’école du système, aux prêcheurs en savates, au discours des zélateurs du régime, aux JT de la régression et du matraquage politique… Non, c’est une génération de jeunes exercés à ce que permet le mieux la civilisation informatique : l’efficacité, la performance, la créativité, la convivialité, l’esthétique, la liberté… Tout ce que condensent les marches que nous vivons.
Il faut le reconnaître : les premiers surpris par cet étalage d’aptitudes et de détermination et par cette promesse d’accomplissement, ce sont nous, les générations moins jeunes ou plus vieilles. Et le pouvoir finissant et ses suppôts sclérosés lorsqu’ils sont jeunes. Dans sa condition, le peuple adulte n’était pas logé à meilleure enseigne que ses enfants mais, nourri à la corruption et à la peur, il n’en croyait pas ses yeux devant un tel culot. Eprouvé par des décennies d’humiliation, il n’en demandait pas tant : comme don Diègue en appelant à Rodrigue, son fils, à le laver du déshonneur !
C’est ce même décalage quasi civilisationnel qui empêche le régime de voir la nature du mouvement populaire : homogène et irrépressible.
Il l’empêche surtout de percevoir l’inutile de la manœuvre et de la perte de temps. Comme la mise en scène, avant-hier, d’une “victoire populaire” applaudie par le pouvoir lui-même.
C’est peut-être difficile à lire, mais en face, la revendication n’a rien de confus : la fin du régime.
Maintenant.


M. H.

 


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