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contrechamp / ACTUALITÉS

De l’alternance en dictature

Jusqu’ici, c’était la perspective d’un cinquième mandat qui faisait polémique. Aujourd’hui, c’est la lenteur que Bouteflika met à dévoiler ses intentions qui alimente les controverses. Dans son camp plus que dans les camps adverses.
Outre qu’elle préfigure des déchirements post-Bouteflika, cette ambiance est l’expression d’une panique provoquée par le spectre d’une fin de règne prochaine. L’animation en cours présente une forte ressemblance avec l’effervescence qui, dans une compétition cycliste, agite les coureurs de tête de peloton dans les derniers mètres de l’étape. Ils se toisent, se dardent du regard, se jaugent, s’élancent, se dépassent, se contorsionnent pour faire accélérer leur monture, se calment et font le dos rond en attendant le moment de bondir… si le leader de l’équipe n’est pas prêt à y aller.
Et s’il manquait un moyen de déclencher le branle-bas et de faire sortir les protagonistes de cette agitation de leur silence, il y a Ould Abbes. Car, finalement, le secrétaire général du FLN occupe la position la plus confortable parmi les chefs de formation soutenant le Président : comme chef du parti du Président par la volonté de ce même Président, il se sait interdit de toute autre ambition. Il peut, cependant, s’offrir le loisir de provoquer ses “alliés”. Et les faire sortir du bois.
Et cela, dans un contexte d’excitation, chacun sentant son tour peut-être arrivé. Rappelons-nous : Bouteflika est venu pour, au plus, deux mandats, aux termes de la Constitution en vigueur au moment de sa désignation. Rappelons-nous aussi : même l’option d’un second mandat a été contestée de l’intérieur du système et a valu le premier schisme politique perceptible dans le groupe de “décideurs” militaires, un schisme qui s’est résolu par la démission du général Lamari, alors chef d’état-major. C’est à partir de cet épisode entourant l’élection de 2014, que le Président a pris les deux résolutions suivantes : la mise en œuvre de l’option “État civil”, consistant à “démilitariser” la décision politique et, dans la foulée, à rapatrier tout le pouvoir vers l’institution présidentielle, d’une part, et son exigence d’une claire allégeance des forces politiques qui lui proclament leur soutien, d’autre part.
Cette conception d’une alliance-soumission explique ce fait que, depuis 2004, aucun parti ayant présenté un candidat aux élections présidentielles n’a été admis dans l’alliance de gouvernement. Pourtant, le scrutin à deux tours est fait pour cela : se mesurer au premier tour et s’allier au second (mais c’est un modèle théorique, le pouvoir n’ayant jamais admis l’idée d’un second tour).
Aujourd’hui, toute la gymnastique, pour ces soutiens — en gros, les mêmes depuis cette époque, si l’on exclut le soutien saisonnier du Hamas-MSP — consiste à se décider dans ce contexte d’incertitude. Faut-il prendre le risque d’annoncer l’émancipation d’un Président qui peut finalement décider de rester encore ? Ou faut-il continuer à attendre quitte à être “libéré” par un éventuel renoncement de Bouteflika, mais qui arriverait trop tard ? La plupart des soutiens de Bouteflika y ont vu un tremplin de luxe. Qui a trop duré. Et l’attente de leurs tours respectifs aussi.
Ainsi, impatientés mais dépourvus du courage de se révolter, les uns l’appellent à rempiler du bout des lèvres, les autres suggèrent de ne pas lui forcer la main.


M. H.


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