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contrechamp / ACTUALITÉS

De quoi le pouvoir a peur

Dur d’être opposant aujourd’hui. Dans sa réponse aux questions des députés sur le plan d’action du gouvernement, Ouyahia s’en est pris à l’opposition avec une véhémence et une agressivité remarquables.
On peut distinguer quelques raisons à cette virulence : les appels à la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution, d’abord. En ne recevant pas le président Maduro, Bouteflika les a légitimés et a accru l’embarras… et l’irritabilité de ses partisans ; ensuite, l’évidence éclatante de l’échec du régime auquel Ouyahia est associé et la difficulté à argumenter un plan d’action qui va aggraver le fiasco.
Mais l’opposition n’effraie pas le pouvoir en ce qu’elle représenterait quelque menace politique. Il y a longtemps que le régime Bouteflika l’a désamorcée comme force agissante. En la diluant d’emblée dans un gouvernement de coalition dont le programme était de disqualifier l’action politique au profit d’une convergence “réconciliatrice” et “fraternisante”. Les états-majors de la plupart des formations politiques convaincus alors par “la stratégie de la confusion” introduite par le “candidat du consensus” se sont efforcés d’adapter leurs structures à la nouvelle forme de la vie politique. Parfois, au prix de petites purges organiques et, souvent, en créant un malaise démobilisateur au sein de leurs bases et parmi leurs sympathisants.
Progressivement, la démarche de brouillement se révéla pour ce qu’elle était : une méthode d’anesthésie de la société et de paralysie des institutions par un régime intéressé par le seul saccage durable de la rente qui - ô aubaine ! - s’est fait abondante. En généralisant l’apologie de l’impunité des terroristes, en assumant la banalisation de la fraude électorale et en contribuant à la restauration du culte de la personnalité, cette démarche de convergence anachronique a discrédité l’exercice démocratique. Le militant et le citoyen ont, peu à peu, fait le constat de la vanité de leur engagement et de leur vote sous un régime où l’immense majorité de la classe politique s’était rassemblée en groupe d’intérêts.
Les partis apprivoisés ne pouvaient indéfiniment assumer l’arrangement mutilant dont ils ont fini par s’apercevoir. Le décrochage a alors souvent été aussi coûteux en révisions déchirantes que l’adhésion, les leaders ayant, pour partie, pris goût à la vie de sérail. Il y en eut même qui créèrent leurs formations “personnelles” pour survivre à la rétrogression de leurs familles politiques d’origine. Celles-ci étant elles-mêmes sorties disloquées de l’aventure.
D’un autre côté, et indépendamment de la fraude institutionnelle, il n’y a plus de militants, ni mêmes d’électeurs, pour que les partis puissent agir sur le cours des choses. C’est tout naturellement que le pouvoir ne prend pas en compte les avis et les menaces des politiques, qu’ils soient d’ailleurs opposants ou alliés. Et qu’Ouyahia les traite pour ce qu’il en reste : de contradicteurs de chicanes médiatiques.
Si le pouvoir panique, et c’est vrai, ce n’est pas de l’opposition qu’il a peur. Il craint de tomber dans son propre piège, de ne plus pouvoir entretenir sa clientèle politique vorace et soutenir le marché de dupes, “nourriture contre paix civile”, qu’il a imposé aux Algériens.  


M. H.


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