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contrechamp / ACTUALITÉS

Démocratie, autoritarisme et stabilité

Le général Gaïd Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, avant-hier : “L’Algérie est une ligne rouge.” Le président Bouteflika, hier : “Il est du devoir de tout un chacun de contribuer à ce mouvement démocratique pluraliste en plaçant l'Algérie et les intérêts suprêmes de son peuple au-dessus de toute autre considération.”  
Les deux assertions ont un air de mise en garde. Si le pays est effectivement exposé à des menaces sécuritaires, à des difficultés économiques, à de possibles expressions de mécontentements divers et donc à des risques d’agitation sociale et politique, il n’y a tout de même pas de quoi craindre pour son intégrité et son unité à brève échéance.
Dans le message présidentiel du 19 Mars, l’avertissement prend la forme d’une recommandation aux acteurs politiques. En une même phrase, il suggère que “la scène politique doit connaître une diversité, une confrontation de programmes et une course au pouvoir”, mais prévient que, “cependant, il est du devoir de tout un chacun de contribuer à ce mouvement démocratique pluraliste en plaçant l'Algérie et les intérêts suprêmes de son peuple au-dessus de toute autre considération”. Ce qui devrait être une évidence pour tout personnage politique — placer le pays et le peuple au centre de ses préoccupations — est, ici, énoncé comme un rappel à l’ordre. Dans la suite du message, Bouteflika nous conseille encore de prendre “exemple sur nos glorieux ancêtres pour… la préservation de l'unité nationale et la souveraineté de nos décisions…”
Cet avertissement étonne quand il vient d’un pouvoir qui a plutôt coutume de dénoncer les porteurs de mauvaises nouvelles prédisant les désastres de sa gestion. À court délai, l’unité nationale, la souveraineté décisionnelle et l’intégrité territoriale du pays ne semblent pas menacées, surtout pas par le débat et l’expression publics. Si quelque chose peut remettre en cause le pays dans ses bases, ce ne peut être que la manière dont il est dirigé depuis son indépendance.
L’Histoire nous l’enseigne, la pérennité d’une nation se fonde sur la volonté partagée d’un peuple de vivre ensemble sur un territoire. Cette volonté ne peut s’exprimer que par la démocratie. Et les pays les plus stables le doivent à leur démocratie. Ce sont les dictatures qui se disloquent à la première secousse.
Ce n’est pas un système de pouvoir conçu pour étouffer la voix du peuple et imposer l’arbitraire du clan pour privilégier des “familles” et pratiquer le régionalisme et pour nier les identités et prescrire l’unicité d’identité, de conscience et d’idéologie, qui est indiquée pour assurer la cohésion durable d’une société. Surtout si elle est aussi vaste et diverse que la société algérienne et qu’elle va puiser son attachement à la liberté et à la dignité aussi loin dans sa mémoire. Ceci, sans compter l’échec matériel de la politique économique et sociale de ce système.
Ce n’est donc certainement pas dans “la diversité, la confrontation de programmes et la course au pouvoir” auxquelles appelle le Président que se nichent les périls qui portent quelque menace sur la stabilité du pays, mais plutôt dans leurs contraires, l’uniformité culturelle, l’unicité de programme et le verrouillage du jeu politique imposés par son régime.


M. H.


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