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contrechamp / ACTUALITÉS

Dictature, corruption et sous-développement


En vingt ans, alors qu’il en avait tous les moyens, le régime n’a pas eu un moment  d’effort  prospectif.  Pendant  les  trois  premiers  quinquennats  de Bouteflika, la  rente  a  été  abondante. Le quatrième, sans tarir la source l’obligea à grignoter dans le butin de guerre qu’il s’était constitué jusqu’en 1994, puis à hypothéquer d’hypothétiques futures entrées par le artifice de la planche à billets. 
L’abondance, qui a marqué son règne, il l’a prioritairement utilisée à asseoir son autorité et à enrichir son clan. Celui-ci s’est formé, dans sa composante initiale, sur une base népotique, régionaliste et de compagnonnage. 
Dans la logique du système, le FLN- secondé par le RND depuis sa création en 199- se soumet naturellement au président coopté par le pouvoir militaire et, depuis Chadli, “élu” par la suite. C’est ka base formelle du pouvoir Exécutif, dont le président jouit, une fois installé de la réelle autorité sur le parti, et donc sur le binôme.
C’est en premier là qu’il puise, une fois sa garde prétorienne structurée et servie, de quoi élargir son assise politique. Celle-ci sera, par la suite étendue à l’ensemble de la société politique dans sa diversité et sa multiplicité et avec tous ses particulets et carriéristes free lance. La méthode est simple : elle repose sur l’attrait du système prébendier qu’il était en train de bâtir. Les convictions s’effondrent, les programmes s’adaptent. Il y a de l’argent pour tout le monde, même pour les terroristes, les chefs surtout, qui voudrait troquer le djihad pour la contrebande “légale”. La fonction politique ne consistant plus qu’à témoigner du génie et de l’infaillibilité du président- et, plus tard, de sa bonne santé- elle devenait à la portée de tous. Dans tous les secteurs, des vocations politiques éclosent. Et parce que la règle est de s’en remettre à l’autorité omnisciente et de ne surtout pas prétendre à l’initiative, la loi naturelle fit le reste: la mauvaise monnaie chasse la bonne. Jusqu’au dernier sou. 
Une compétence résiduelle résista tout de même dans des positions qui permettaient au système défaillant de maintenir un fonctionnement minimal. Mais, en gros, n’échappèrent à ce processus de normalisation “médiocrisante” et corruptrice de la classe politique que ceux, plutôt rares, dont la probité a pris le dessus sur la tentation. Ou ceux qui, malgré leur disponibilité, manquèrent d’intérêt pour le régime. Dont certains sont en train de se rattraper dans les prolongations que se paie le régime en réprimant le mouvement populaire pour le changement de système. 
Pour que Bouteflika pût réaliser son projet de “démocratie sans opposition”, correspondant, à sa conception totalitaire du pouvoir.et le maintenir dans la durée, il ne fallait surtout pas qu’il manque de main-d’œuvre politique corruptible et sous-qualifiée.
C’est pourquoi le régime n’a pas dépensé pour l’avenir : la démocratie, le développement, la santé et l’école. Il n’a investi que dans les intérêts immédiats de ses castes :  le détournement. Et ce qui protège le détournement : la corruption  et la répression.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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