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contrechamp / ACTUALITÉS

Dictature, démocratie et “stabilité”


Onze mois sans Bouteflika, Ou-yahia, Sellal… Et bien d’autres proclamés irremplaçables. Le pays aurait pu se passer de bien d’autres qui sont encore au pouvoir. Puisque c’est le temps du jugement, il faudrait peut-être penser organiser le procès du discours du régime. Et interroger, par exemple, ce concept de “stabilité”, si durablement instrumentalisé pour faire barrage à l’idée même d’alternance.

Au commencement, il y a eu la magie du souvenir, celle d’un ministre dandy, loquace, qui exprimait l’assurance d’une dictature tiers-mondiste grisée par un récent passé que d’autres que lui avaient écrit. Tout a commencé le jour où quelques généraux “décideurs” proclamèrent avoir déniché, en la personne de Bouteflika, le Graal en matière d’hommes d’État et décrétèrent que leur homme providentiel était notre “candidat du consensus”. À compter de ce jour, tout le monde, dans le sérail et alentour, s’effaça devant le prodige. Puis, tout le monde s’empressa… autour du messie. Leaders, responsables politiques, personnalités… étaient en sidération. Ils appelèrent à leur tour à “accompagner” le candidat devenu “président de l’alliance”.

Depuis, tout le potentiel politique et de gestion a été renvoyé au débarras et plus personne ne devait lui contester le statut de phénix et l’attribut de longévité qui va avec ! Même en flirtant avec la mort, il persistait à renaître de ses cendres, et ce sont ses potentiels successeurs,  parfois ses statutaires détracteurs, ses opposants, qui aimaient à nous rappeler son infaillibilité et son immortalité. Pour le salut de la nation !
Et pour sa “stabilité”. Ce cauchemar de la “stabilité” aura fait autant de dégâts que le harcèlement judiciaire, la censure, le bannissement et autres pratiques qui forcent au silence.

Pourtant, lui-même savait que l’esbroufe a un effet à durée limitée. Il pensait tellement à cultiver son ascendant qu’il n’avait jamais le temps de vraiment penser au pays : la prolongation de son emprise accaparait toute son attention. Pour cela, il avait remis au goût du jour quelques vieilles recettes des despotismes du tiers-monde : porter le costume de la modernité et manipuler les archaïsmes. Des recettes ainsi traduites : réconcilier les islamistes, seule force à capacité de nuisance, terroriser les démocrates, encourager la médiocrité, chasser l’intelligence et le savoir et, surtout, corrompre tout ce qui peut l’être. 

Deux mandats plus tard, le sauvetage national était devenu impossible. Le potentiel de réaction patriotique humain avait été annihilé, les forces effectives ayant en grande partie trempé dans la magouille historique. Et le reste avait éloigné ou désarmé. Si bien que le jour où, avec son accord, on lui chercha un continuateur, on ne trouva personne qui puisse désactiver autant de monde en même temps.

“On veut que Bouteflika parte, mais… qui alors ?”, disait-on, jusque sous les chaumières. Cette angoisse entretenait à son tour la patience nationale qui supervisait l’irréfrénable anéantissement national. Le mouvement populaire a ceci de révolutionnaire : nul n’est plus indispensable. Écoutons s’exprimer le manifestant lambda pour s’en rendre compte : le citoyen s’est libéré ; il n’est plus sujet malléable par le parrain et ses sbires.
Nous voici parvenus à l’âge de la seule vraie stabilité, la démocratie.

 

 

 

 

 


M. H

musthammouche@yahoo.fr


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