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contrechamp / ACTUALITÉS

Dictature, souveraineté et non-ingérence

Comme chacun le sait, ou ne veut pas le savoir, les musulmans les plus réprimés au monde sont chinois. Ils “vivent” dans la région à majorité  Ouïghour du Xinjiang.
Dix-sept organes de la presse internationale viennent de publier des comptes rendus détaillés sur la manière dont sont administrés les centres de rééducation politique où plus d’un million d’individus, sur les treize millions que compte la communauté ouïghoure, sont internés.
Il y a quelques mois, vingt et un pays occidentaux ont écrit à l’ONU pour exiger de la Chine qu’elle respecte ses engagements internationaux en matière de droits de l’Homme et mette fin à la maltraitance organisée des Ouïghours. La Chine n’a pas crié à l’ingérence. C’est passé de mode dans les relations internationales de crier à l’ingérence quand on est épinglé sur le thème des droits humains ! Elle a fait autrement : tout en poursuivant sa politique de dénégation systématique, elle a fait signer à trente-sept États une “contre-lettre” à l’ONU dans laquelle ceux-ci font l’éloge “des mesures de lutte contre le terrorisme et pour la déradicalisation au Xinjiang”, mesures ayant induit un “sentiment plus fort de bonheur, d’épanouissement et de sécurité”… chez les victimes, écrivent-ils ! Parmi ces États soutenant la Chine dans sa brutale politique de répression des musulmans ouïghours, on compte quatorze pays de la “Oumma” musulmane, dont… l’Algérie !
Si le subterfuge de la souveraineté absolue n’est plus là pour faciliter les “huis clos” tyranniques, les dictatures ont d’autres moyens — diplomatiques et économiques, notamment — de tenir en respect les autres pays qui voudraient dénoncer leurs pratiques despotiques. Et ils ont aussi le moyen commun de leur solidarité de régimes non démocratiques. Mais, en matière de relations internationales, il n’est plus de mise de refuser aux États tiers de se prononcer sur les pratiques répressives et restrictives de libertés publiques.
En Algérie, l’attitude des dirigeants face aux prises de position sur leurs pratiques du pouvoir est très singulière : leur hypersensibilité quand il s’agit de commentaires défavorables sur leur “démocratie” n’a d’égale que leur délectation des avis positifs, notamment quand ils viennent des puissances occidentales. On se souvient du bonheur dont Jacques Chirac a enduit toute la bande quand, en avril 2004, il s’était fendu de ce mémorable faux témoignage : “Je ne vois pas comment on peut, de foi, contester cette élection”, à propos des 85% obtenus par Bouteflika, cette année-là ! Ce genre d’éloges, même inconsidérés jusqu’à l’ironie, sont tellement recherchés par nos dirigeants que nos médias sont devenus experts dans la chasse aux lauriers tissés à nos despotes par les personnalités et dirigeants étrangers.
Mais gare à celui qui met son nez dans le traitement qu’ils nous infligent à huis clos. Il a suffi du souffle d’un possible débat, non sur “la situation politique”, mais sur celle des droits de l’Homme — puisque ce sont la répression et les emprisonnements de manifestants qui sont en cause — pour jeter l’émoi parmi la presse qui, à son tour, presse le pouvoir de réagir. Résultat : un gouvernement a réagi à un simple tweet d’un simple député sur quelque chose qui ne s’est même pas fait !
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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