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contrechamp / ACTUALITÉS

Diplomatie : la mise à niveau

L’université d’été du FCE a été l’occasion de fêter le renouement entre l’oligarchie affairiste et la puissance politique. Après le Premier ministre, qui s’était complaisamment soumis à l’audition des patrons présents, ce fut au tour des ministres économiques de venir montrer ce qu’ils pouvaient faire pour favoriser encore plus les entrepreneurs organiques.
Pas grand-chose, en fait, sinon imprimer de l’argent. Le ministre de l’Énergie ne sait pas ce qu’ils peuvent faire dans son secteur. Et le ministre de l’Industrie ignore jusqu’à ce qui se produit par ses entreprises et attend qu’elles le lui disent. L’intervention du ministre des Affaires étrangères était aussi de circonstance puisqu’il vient de se donner une mission supplémentaire, celle de promouvoir les exportations et des investissements extérieurs de nos entreprises. Mais il n’avait finalement que la dénonciation de l’affairisme délinquant du Maroc en Afrique pour les consoler de leur panne à l’international.
Ainsi, c’est au moment où il inaugurait sa contribution à l’élévation du niveau de pénétration internationale de notre économie que le ministre a fait subir à la diplomation nationale cette spectaculaire dégringolade sémantique. S’il fallait relativiser les prétentions expansionnistes des entreprises marocaines et dénoncer les commerces interlopes du royaume, il y a mille moyens d’éviter à l’État de s’abaisser à dénoncer des agissements contrebandiers d’un voisin inamical. S’il fallait répondre à l’acharnement dénigreur des responsables et des médias marocains, ce n’est certainement pas en puisant dans le registre des “makan walou” et des “ma yekhouwefnach” qu’on peut formuler la plus convaincante des ripostes.
Une diplomatie s’évalue à ses résultats mais aussi à ses méthodes. Il est possible que celle choisie ce jour-là par Messahel ait quelque efficacité tactique. On espérait que la régression généralisée allait épargner ce capital de distinction qui, de Debbaghine, M’hamed Yazid, Malek, Bouteflika à Lamamra, en passant par  Benyahia, Ghozali, Brahimi et Dembri, a pris la forme d’une marque de fabrique. L’expression nationale, fondée sur une rhétorique de la conviction et du principe a, en effet, marqué les forums internationaux, qu’il s’agissait de défendre, dans l’adversité, de justes causes ou de promouvoir, dans la coopération, des projets multilatéraux. Mais il est à craindre que le processus de nivellement par le bas ait atteint un secteur qui, jusqu’ici et en toute circonstance, a su garder un minimum de tenue.
Décidément, ce rendez-vous FCE-gouvernement pour fêter un pacte, un moment mis à mal par l’intermède Tebboune, a pris des allures de bal des vampires. Le verbe y était à la fois triomphant et agressif. Le ton avait été donné, devant le Parlement, par le Premier ministre dans sa diatribe à l’encontre de l’opposition. Et Haddad lui a donné la réplique en exécutant “le prédateur” vaincu.
C’est dans cette ambiance de jubilation satisfaite et violente qu’on est allé jusqu’à compromettre, sur l’autel des noces renouvelées de l’argent et de la politique, cet autre “butin de guerre”.           


M. H.


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