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DISCOURS…POLITIQUE ?


Le  président  de  l’Anie a  déclaré  observer  “une  évolution  positive du discours politique”. Pourtant, ceux qui s’efforcent de suivre la campagne électorale en cours n’y voient pas de “politique”. 
Au demeurant, les candidats ne sont généralement été pas envahis par le public. Seuls les médias publics les portent à bout de bras. De fait, ce qui est le mieux relayé dans la performance communicationnelle de nos candidats concerne moins leurs “discours politiques” que  l’imperfection de leurs créations graphiques, les approximations de leurs slogans et, justement, l’inconsistance politique de leur propos.
Jusqu’ici, les “élus” du régime étaient connus d’avance. Au moins par eux-mêmes. En particulier ceux d’entre eux qui avaient la bénédiction de la secte ou avaient d’avance payé leur place. Ils avaient donc une certaine confiance et leur verbe s’en trouvait délié et assuré. Mais leur lexique politique était 
réduit à quelques variations autour du “programme du président” et de son infaillibilité politique. Mais le vide programmatique et politique  n’empêchait pas  l’arrogance  et  les  postures  d’une  pléthore  d’hommes-liges  qui se prenaient pour des hommes politiques.
Aujourd’hui, le régime est profondément ébranlé par une révolution démocratique qui n’a, pour l’heure, pas abouti mais qui n’a encore pas abdiqué. Il mène, en même temps, une entreprise d’étouffement physique du mouvement de changement et un processus d’auto-reconstitution. Dans cette double tâche, il hésite dans son choix des profils et appareils qu’il compte s’allier comme forces de soutien.
En gros, les figures de tête de la “issaba” sont éliminées mais il subsiste une pléthore de résidus politiques de l’ancien sérail, qui prospéraient, plus discrètement, dans les dépendances organiques du système - FLN, RND, FCE, UGTA et autres “organisations de masse”. Leur avenir en rapport avec le régime n’est pas encore décidé parce qu’il ne sait pas où il en est dans sa quête de réhabilitation. Il est en effet embarrassé par la persistance, même sourde, du hirak. Le seul repère établi réside dans la mise en œuvre résolue de sa feuille de route électorale. 
Hormis quelques créations ad hoc, parmi les candidats “indépendants” et les quelques structures créées ex nihilo, le régime n’a pas encore désigné les siens. Alors que voulez-vous qu’ils produisent comme discours politique alors qu’ils attendent de savoir sur lesquels d’entre eux le régime a jeté son dévolu ? 
Mais lui, de son côté, n’a pas trop le choix entre l’opportunisme islamo-populiste qui se présente en option de “changement dans la continuité” et le professionnalisme national-populiste qui lui servait de base politique par le passé. 
Les deux sont l’expression de l’“antipolitique”, une culture où la référence sommaire au sacré tient lieu de base doctrinaire et permet de tenir en respect toute proposition politique élaborée et forcément…révolutionnaire et hostile au statu quo.
La sourde oreille, sinon la répression, réservée à toute proposition de reconstruction politique nationale laisse le champ libre à l’expression d’ambitions affairistes, sans arrière-fond politique. 
C’est peut-être cela qui, hier, dans TSA, a fait dire au politologue Mansour Kedidir qu’il trouvait cette campagne d’une “platitude à la limite de la médiocrité”.
 

M. H.
[email protected]

 


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