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contrechamp / ACTUALITÉS

Droit international et droits de l’Homme

Jeudi dernier, le ministère des Affaires étrangères a émis un communiqué précisant la position de l’Algérie dans le conflit opposant l’Arabie saoudite au Canada.
Alger prend clairement le parti de Riyad en invoquant “la nécessité, pour les pays, de recourir dans leurs relations extérieures aux principes du droit international et de la Charte de l’ONU, notamment dans leur volet relatif au respect de la souveraineté des pays et de la non-ingérence dans leurs affaires internes”, d’une part, et en rappelant les “profondes relations unissant l’Algérie et le royaume d’Arabie saoudite frère”, d’autre part.
Pourquoi l’Algérie s’est-elle sentie en devoir d’exprimer cette prise de position et s’est-elle hâtée de le faire à cette étape de ce qui n’est encore qu’une crise diplomatique ? L’Arabie a-t-elle enjoint les pays “arabes frères” de lui témoigner leur solidarité comme elle le fait souvent quand elle a besoin de renforcer ses capacités de pression en situation de conflit ? Ou bien, le régime algérien fait-il cause commune avec elle parce qu’il a tant de raisons de redouter les ingérences étrangères au sujet de l’état des droits de l’Homme dans notre pays ?
Ainsi, l’Arabie saoudite serait victime d’atteinte à sa souveraineté ! Et de la part d’un pays qui n’a ni la réputation ni la vocation d’une puissance invasive ! N’est-ce pas plutôt elle qui, appuyée par des pays “frères”, bombarde le Yémen pour y imposer le gouvernement qu’elle juge légitime ? À ce sujet, il est pour le moins regrettable que notre gouvernement ne se soit pas retenu d’agiter sa solidarité avec ce régime barbare au lendemain du massacre qu’il a perpétré sur une trentaine d’enfants yéménites  bombardés dans l’autobus qui les transportait. Quelle plus grande entreprise d’ingérence que celle qui a consisté à répandre le virus du salafisme, de susciter des foyers intégristes et d’encadrer, de financer et d’armer des groupes terroristes partout dans le monde. Il aurait suffi à notre diplomatie de considérer ce que la tragédie algérienne doit au royaume wahhabite pour modérer son enthousiasme fraternisant.
Cela dit, la notion de souveraineté et le délit d’ingérence qui en est le corollaire n’ont que trop servi le huis clos qu’affectionnent les dictatures, tant ces principes leur permettent de sévir contre leurs populations dans le secret et dans l’impunité. La souveraineté n’a de sens que si elle est la souveraineté d’un peuple dans la conception de son destin ; elle n’a de sens que si elle est adossée à la démocratie. Sinon, c’est la souveraineté d’un despote sur un peuple. Même après que la démocratie s’est imposée comme valeur universelle, des tyrannies inhumaines ont continué et continuent à prospérer grâce à cette souveraineté paradoxale qui permet aux autocrates de bâillonner, de réprimer, de torturer et d’assassiner dans l’intimité de leurs frontières.
Sans les “valeurs” de souveraineté et de non-ingérence, il n’y aurait pas eu de Cambodge de Pol Pot, d’Argentine de la junte ou d’Érythrée d’aujourd’hui. Même les puissances démocratiques sont paralysées par les calculs d’intérêts étroits, comme ceux qui mettent actuellement  le Canada dans un relatif isolement, et trouvent un providentiel argument dans un droit international qui ne priorise pas souvent les droits de l’Homme.

M. H.


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