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contrechamp / ACTUALITÉS

Droits humains et image du pays

Le Haut-Commissariat des droits de l’Homme de l’ONU a fustigé le traitement que l’Algérie réserve aux émigrés illégaux subsahariens.
Dans sa déclaration, le Haut-Commissaire a signalé diverses pratiques constituant des violations du droit international protégeant les migrants et les réfugiés.
Ce blâme, émis par une instance légitime et compétente, vient comme pour trancher une controverse récurrente autour de la gestion par les autorités nationales de l’émigration clandestine. Les propos du responsable onusien recadrent, précisément, la question, en répertoriant les atteintes constatées aux droits des migrants en Algérie : expulsions collectives, rafles dans les chantiers et les quartiers, arrestations et conditions de détention inhumaines et dégradantes...
La réprobation vient aussi comme une mise au point à Saïda Benhabyles qui, deux ou trois jours plus tôt, s’en prenait aux ONG et acteurs de la société civile signataires d’une pétition dénonçant les méthodes employées dans des opérations de refoulement massif de clandestins d’origine subsaharienne. Déplaçant un réel problème de respect des droits de l’Homme vers le terrain politique qui convient à la langue de bois, la présidente du Croissant-Rouge algérien a puisé dans le registre sémantique patriotard, pour accabler les pétitionnaires de servir de supposés desseins de dégradation de l’image du pays. La question ne serait alors qu’un prétexte à une campagne de dénigrement — encore une ! — de notre pays. “Ces ONG qui accusent l'Algérie de rapatriements arbitraires de migrants illégaux subsahariens se trompent de cible, car notre pays est mieux placé que quiconque pour être accusé de mauvais traitements envers ces personnes déplacées”, clame-t-elle.
L’argument suggère que les interventions humanitaires du CRA à l’endroit de ces migrants et réfugiés devraient dispenser les autorités de tout reproche en matière d’atteinte à leurs droits humains. Une manière de tenter une capitalisation politique de l’action charitable au profit d’une action publique déficitaire en termes de droits de l’Homme. C’est la raison pour laquelle, la communication politicienne de Saïda Benhabyles a fini par faire du CRA un organisme hybride entre institution humanitaire et commissariat politique. Ce n’est pas par hasard qu’on confie ce genre d’établissement, à fort capital de prestige, à des personnalités du sérail formées à ne jamais se départir de leur référence politique.
Le fait est que nos autorités hésitent à faire résolument face à un problème dont le diagnostic est posé. Par la pratique de la gestion du flux migratoire et par les observations des intervenants qualifiés, l’Algérie, comme tout pays confronté au mouvement de migration, doit se doter d’une claire législation en la matière. Certes, on ne peut pas concevoir n’importe quelle législation, le sujet étant strictement encadré par le droit humain international. Mais l’option tactique de ne pas s’engager comporte en soi le risque d’atteinte à l’image humanitaire du pays, risque toujours au choix de l’improvisation. Dans ce flou stratégique, même les efforts préventifs parfois engrenés avec les pays d’origine ne se voient pas.
C’est ce choix de non-législation qui porte atteinte à l’image du pays. Et aux droits légitimes de nos migrants.

M. H.


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