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contrechamp / ACTUALITÉS

Du sous-développement écologique

Le chanteur kabyle Zayen a fait participer une trentaine de ses collègues à l’enregistrement d’une chanson qu’il a conçue comme un hymne à l’environnement.
Dans un monde en consumation accélérée, aucun effort n’est de trop pour sauver ce qui peut encore l’être. La terre, son sol, son sous-sol et son atmosphère sont sollicités au-delà de leurs capacités de régénération. “Le jour du dépassement” global s’est rapproché dangereusement du milieu de l’année. Le jour du dépassement, c’est ce jour du calendrier où l’humanité a consommé la quantité de ressources que la terre peut reconstituer en un an et où l’homme commence donc à puiser dans des ressources que la nature ne peut pas renouveler. En 2017, l’avènement de ce gap a été estimé au 2 août. À partir de ce jour, les terriens ont vécu “à crédit”. Durant cette seconde période de l’année, notre consommation correspond à de la destruction nette de notre environnement, de notre réserve de vie !
Il y a plusieurs raisons à ce processus de dégradation. La principale est ce qu’on appelle “le développement”, effet d’un mélange de productivisme et de consumérisme, qui sévit depuis un siècle et demi. Et comme on ne consomme pas tout là où on le produit, la pollution “voyage” à travers le produit, d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, d’un milieu à l’autre.
L’initiative écologique d’un artiste de Kabylie a inspiré le sujet de cette chronique parce qu’il nous a rappelé le récit d’un malheureux concitoyen qui, alors qu’il traversait récemment la région, eut l’idée de s’offrir un casse-croûte champêtre au milieu de cette nature d’une beauté captivante. La route serpentait entre les coteaux verts et fleuris, à un endroit qu’il est inutile de nommer, puisqu’en la matière, le désastre est national, même s’il est d’une gravité inégale d’un endroit à l’autre. Pour sa pause, l’automobiliste choisit donc un emplacement qui lui parut convenir à une halte bucolique : vue panoramique sur un vallon herbeux, accotement spacieux facilitant le stationnement et des arbres pour un déjeuner à l’ombre… Mais dès qu’il mit pied à terre, le spectacle de son environnement immédiat lui arracha un haut-le-cœur : sur le bas-côté, la pente était jonchée de sachets, dont certains, éventrés, laissaient apparaître leur contenu de puants détritus, des bouteilles de plastique et de verre, des canettes… L’endroit est subitement devenu dégoûtant et l’enchantement laissa place à l’écœurement. L’ami remonta dans son véhicule et se remit en route pour le temps de retrouver l’appétit et de dénicher un coin plus engageant. Il fit ainsi plusieurs vaines tentatives avant de renoncer à son projet de pique-nique.
Il n’y a pas que le développement qui pollue ; le sous-développement civique en fait autant, sinon plus. Et sans contrepartie productive ! En Algérie, la saleté qu’on dénonce dans les villes et villages a gagné les campagnes. Les bords de route et les abords de sites touristiques et de… détente, comme les plages, les rives de lac, les stations de montagne… sont devenus les dépotoirs de notre malpropreté.
À quoi servirait-il d’aménager des décharges et autre centres d’enfouissement face à cette culture nationale d’après moi le déluge ?


M. H.


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