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contrechamp / ACTUALITÉS

Échéance électorale et perspective nationale

La montée en cadence de l’expression du rejet de l’élection présidentielle a connu une nouvelle accélération depuis vendredi. 
Depuis quelques semaines, les manifestations ont pris un rythme quasi quotidien, mais l’ampleur exceptionnelle des marches de ce quarante-deuxième vendredi a encore révélé l’irréductible attachement populaire à une solution de rupture. Cette inflexibilité du mouvement populaire a été confirmée, dès le lendemain, samedi, jour d’ouverture des bureaux de vote pour les électeurs expatriés, par le surprenant niveau de mobilisation des Algériens de l’étranger sortis, nombreux, pour exprimer leur refus de cette opération électorale. En plus d’avoir drainé des foules immenses dans les artères et sur la place des villes, les marches de vendredi ont été marquées par le succès des slogans appelant à la grève.
Devant une telle vitalité révolutionnaire, on a du mal à penser que ce mouvement populaire est en train de subir, depuis de longues semaines, une campagne de pilonnage politique, répressif, injurieux et de désinformation. Après les arrestations et les emprisonnements, les tentatives de contre-manifestations, les discours outrageux sont devenus le lot de multitudes contestées jusque dans leur importance numérique et dans leur nationalisme ! En même temps, le pouvoir animait une campagne électorale réduite à une activité à la marge de la vie politique nationale occupée, pour l’essentiel, par le mouvement citoyen pour le changement de système.
En proposant au choix populaire des figures établies du sérail, le pouvoir a achevé de convaincre les Algériens, déjà persuadés du péché de fraude inhérent à notre politique, de la vanité de l’acte électoral. Les efforts de ces candidats marqués par leur régime d’origine, sans envergure ni originalité politiques, pour attirer l’attention d’une partie au moins de leurs concitoyens ont été vains. 
Même le procès qui participe, volontairement ou pas, du processus politique préélectoral a perdu de son effet avec le déplacement finalement inutile du frère du président déchu. Alors qu’il devait le faire gagner en intérêt, “l’incident” a fait diminuer de l’intérêt d’un procès qui venait de capitaliser au moins le mérite d’avoir laissé entrevoir l’ahurissant volume de fonds publics mobilisés par les activités mafieuses des gens du régime.
En cette dernière semaine qui nous sépare de l’élection refusée, on observe bien qu’il n’est plus possible d’inverser le sens du mouvement populaire. Cet argument ne semble pas être de nature à dissuader un pouvoir résolu à organiser son scrutin à tout prix. Parce que, pour lui, l’échéance du 12 décembre constitue une finalité décisive alors que le mouvement est dans une perspective historique de changement systémique. 
Cette dernière ligne droite avant la date du scrutin s’amorce dans des conditions incertaines. Mais l’inquiétude est à relativiser quand on considère l’enjeu réel, à long terme, du destin démocratique national. C’est cela qui fonde la profondeur politique du mouvement populaire.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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