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contrechamp / ACTUALITÉS

Économie : fin des illusions

Pour le gouvernement, l’année 2017 s’achève sur une série d’échecs.
Il n’a pas maîtrisé les importations. Malgré une suspension tacite sur l’importation automobile et le gel de multiples projets d’équipement, les importations s’élèvent à près de quarante-cinq milliards de dollars et les réserves sont passées sous la barre des cents milliards. L’inflation caracole à 5,8%. Le taux chômage est passé de 10,5 à 12,3%...
“Fort” de ce constat, il a donc décidé de se débarrasser des entreprises publiques “résiduelles”. Des patrons privés vont prendre de grosses parts de ces soi-disant PME en empruntant aux banques publiques. Le pouvoir n’a donc pas privé le capitalisme parasitaire du système rentier de son cadeau de Noël mais compte économiser sur la privation du consommateur de mille produits d’importation.
Des produits dont, pour une grande partie, le consommateur moyen s’est déjà passé, faute de pouvoir d’achat. Mais la situation est destinée à s’aggraver : nous devrons donc, dès le début de l’année, retomber dans l’univers de rareté que nous avons connu pendant une décennie environ à partir du milieu des années 1980. Ce qui n’empêchera pas le pays de continuer à payer une lourde facture à l’importation parce qu’on consommera beaucoup de produits “made in Algeria” présentant des taux d’intégration trop faibles pour prétendre au statut de produits de substitution à l’importation.
On peut élargir l’observation à toute l’industrie alimentaire qui importe son sucre, ses céréales, etc., jusqu’à l’agriculture qui importe ses semences et l’élevage qui importe ses aliments.
Ce qui a fait de l’industrie algérienne une industrie de fin de filières, tout juste bonne à opérer l’assemblage de bouts de processus. Productrice d’hydrocarbures, l’Algérie s’est interdit de l’aval de cette industrie, le raffinage et la pétrochimie. On dirait qu’on a voulu la handicaper au point de faire d’un pays pétrolier un gros importateur de carburant. Qui, en plus, est devenu  gros importateur de véhicules.
À quoi aura donc servi cette embellie pétrolière de quinze ans, si le pays a mis deux à trois ans pour revenir à son état socioéconomique de la fin des années 1980 au début des années 1990 ?
À démoraliser la société en soumettant la morale à l’argent, à banaliser et étendre la pratique de la corruption, à dévaloriser le travail et le mérite. Le régime, en voulant faire dépendre le bonheur des Algériens de la rente qu’il contrôle, a fait dépendre le destin de l’Algérie de la bourse du pétrole. Et pour conserver le pouvoir d’enrichir et d’appauvrir, il a entretenu une politique de contre-développement économique. Celle-ci a consisté à étouffer les initiatives autonomes et à entretenir un faux entrepreneuriat, parasitique, prétexte à une dérivation privative de ressources publiques. Tout en entretenant l’illusion de croissance !
Par choix politicien, le pouvoir a empêché le pays de concevoir son rapport à une économie mondialisée autrement qu’à travers un rapport de mono-exportateur. Ce pays est ainsi handicapé dans sa capacité à maîtriser l’échange qui structure ce rapport. C’est ce choix qui fait qu’à peine le marché pétrolier a-t-il frémi, que nous nous trouvons rejetés trente ans en arrière.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 25/12/2017 à 13h27

C'est un cadeau du père Noel que le gouvernement s'apprête à faire au club de l'argent sale; après avoir renflouer, sous l'effet de l'embellie financière, les caisses des entreprises en faillite structurelle. Il s'apprête maintenant à céder aux mêmes charognards, sous couvert de partenariat, ces mêmes entreprises. Et cerise sur le gâteau des financement avec l'argent public. L'OMERTA qui caractérise cette opération démontre la délinquance de la classe dirigeante.

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