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contrechamp / ACTUALITÉS

écouter le peuple

Le pouvoir a organisé un “dialogue” auquel il n’a pas participé. À moins de considérer qu’il y fût représenté par le “panel”. 

En effet, l’échange a concerné le panel, d’un côté, et les partis, organisations et personnalités acquises à l’option pour une élection présidentielle, de l’autre. Si la fonction de dialogue s’est limitée à cela, l’autre, celle de la “médiation”, n’a pas eu du tout d’objet. Une médiation implique un médiateur servant d’intermédiaire entre deux ou plusieurs pôles. Ce qui suppose au moins trois acteurs, deux parties en pourparlers et un tiers intercesseur. Dans ce qui s’est passé, le pouvoir n’a rien négocié, pas même les soi-disant “mesures d’apaisement”. Alors, le panel, arbitre ou arbitre et partie ? Et comme les interlocuteurs de l’instance étaient globalement acquis à la démarche officielle, il n’y avait en fait rien à négocier, rien à “dialoguer”, sinon des détails. En tout cas, rien de politique. C’est pour cette raison que l’instance de dialogue a dû produire un document centré sur les seuls projets de loi sur l’autorité d’organisation des élections et sur le régime électoral. Avec un tel dérangement législatif, l’état politique du pays a bien avancé !
En résumé, dans ce supposé processus de dialogue, le pouvoir s’est parlé à lui-même sans même avoir à parler ! Les deux parties négociantes n’ayant pas eu à discuter une feuille de route déjà adoptée.
Le panel aura tout de même accompli la mission, celle de donner la caution du “dialogue” aux deux textes dont le pouvoir avait besoin pour déclencher son processus électoral.
En face, le mouvement populaire n’a pas de délégués attitrés. Et pour cause : il eût fallu, pour cela, que l’autorité de fait se soit abstenue de procéder au resserrement des espaces de délibération citoyenne et d’action politique auquel on assiste depuis plusieurs mois. Les animateurs de l’instance de dialogue ont fini par reconnaître eux-mêmes qu’ils n’ont pas discuté “avec le peuple”, même si des personnalités ont dialogué en tant qu’acteurs du “hirak” sans le représenter. 

L’adoption des deux projets de loi, hier, par le “Conseil des ministres” marque le début du processus contre-révolutionnaire actif. Elle traduit le rejet autoritaire de la revendication d’une “transition de rupture” et la reprise du processus intérimaire là où les manifestants l’avaient interrompu.
Après avoir longtemps reposé sur un constitutionnalisme de principe, le pouvoir avance désormais un argument supplémentaire pour justifier sa priorité électorale : celle-ci correspondrait à une demande populaire. Un état de fait qui aurait dû conduire à l’extinction des manifestations citoyennes. Or, sur le terrain, c’est à un regain de mobilisation que l’on assiste.
Pour l’heure, l’usure du temps, le bâillonnement des médias lourds et la résurrection des forces conservatrices n’ont pas suffi à contenir l’élan révolutionnaire qui anime les masses.Le coup de force peut aussi avoir l’effet de décanter la situation. Le peuple ne manquant pas de s’exprimer par les canaux qu’il peut, écoutons-le. Le pouvoir qui, ces derniers temps, est retombé dans l’autisme devrait l’écouter aussi.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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